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ia êtes bonté, vous êtes béatitude, voué
tité, voua êtes tout bien véritable. Mais que de
- i n possible à mon étroite intelligence d'en voir tant
seule vue ni de jouir de tout à la rois. Et comment
donc, Seigneur êtes-vous toutes ces chos -
omme des parties? ou j>lutùt chacune n'est-elle pat tout vous-même? Etre composé de parties, c'est o être pas vraiment un, mais, j>our ainsi dire, plusieurs, c'est-à-dire divisé d'avec soi-même, divisible en Fait ou en idée. <u- tout cela répugne à votre nature, au-dessus de laquelle il ne se jvut rit n concevoir. Non, point do parties en vous Set gneur, point de pluralité] Vous êtes si bien un, si 1 >i<ri identique à vous-même, que nulle qualité en vous ne difssence. Bien plus, vous êtes l'unité même et nul entendement n'a droit de vous diviser (i). »
(i) « El iterum ecce turbalio; ecce iterum obviât menuet luctus quaerenti gaudiuni et laetitiam. Sperabal jam anima mea satietatem, et ecce iterum obraitur egestate... Conabar ■re ad lucem Dei, et recidi in tenébras meas. Imo, non modo cecidi in eas; sed sentio me involutum in eis... Cum volumus, qaaerere nescimus; eum quaerimus, non invenimus; eum invenimus, non est quod quaerimus. Adjuva me, tu... Domine... Releva me de me ml te. Munda, sana, acue, illumina oculum mentis meae ut intueatur te. Recolligat vire» suas anima mea, et loto intellcctu iterum intendai in te. Domine. Quid es, Domine, quid es, quid te intelliget r<>r meum? C'ertè vita es. sapientia es, veritas es, bonitas es, beatitudo es, aeternitas es, et omne verum bonum es. Multa sunt haec; non potest angustus intellectus meus tôt uno simui intuitu videre, ni omnibus simul delectetur. Quomodo ergo, Domine, es omnia haec? An sunt partes lui. un j/ntius unumquodque liorum totum est quod es? Nam quidquid est partibus fUnctum non est omnino unum, sed quodammodo plura, ■ t diversum n seipso, et vel actu vel intelleciu dissolvi potest : • /"■'<• aliéna sunt « te, quo nihil melius cogitari potest. \u ]itur i>'irtes in te sunt, Domine, nec es plura, Si
Le sensible, élément nécessaire de notre connaissance de Dieu. — Danger : la figure prise pour réalité, le mythe; au moins, Dieu rendu matériel. — Beaux efforts de la parole se défendant de l'imagination tandis qu'elle l'emploie, — en tirant même parti — pour rendre notre impuissance, — pour exprimer les perfections de Dieu par effets, analogies, contrastes : puissance créatrice, immensité, éternité, Trinité même.
Reste à vaincre une troisième infirmité de nature. L'imagination est, chez nous, la collaboratrice nécessaire de l'intelligence. Notre conception de Dieu n'est pas seulement médiate et successive; il faut de plus qu'elle s'aide ou qu'elle s'embarrasse du sensible. Nous ne pouvons mieux faire que de prêter à l'esprit pur des formes humaines, et lui-même y consent pour s'accommoder à nous. Il se donne ■dans l'Ecriture un visage doux ou irrité, des yeux toujours ouverts, un bras qui se resserre ou s'étend, des mains inévitables, des pieds dont les nuages sont la poussière et notre terre l'escabeau. C'est un géant qui se joue des mondes. Il pèse les astres dans la paume de sa main; il supporte sur trois doigts la masse de la terre; il déroule les cieux comme un pavillon (i).
Cette fois, la spiritualité divine est en péril. Si nous n'y prenons garde, l'allégorie va se transformer en mythe, la figure sensible passer dans l'esprit à l'état de réalité formelle. Nous en viendrons à adorer une métaphore (2), et
es unum quoddam et idem tibi ipsi, ut in nullo tibi ipsi sis dissimilis; imo tu es ipsa unitas nullo intellcctu divisibilis. » (Saint Anselme, Proslogium, 18.)
(1) Isaïe, xl.
(2) La phlosophie n'a pas tort quand elle montre le polythéisme sortant pour une part de certains abus de langage (Max Miiller, Essais de mythologie comparée; Essais sur l'Histoire des religions.) — Du moins qu'elle ne prétende pas expliquer ainsi l'origine de toute religion positive. Les dieux qui naissent ainsi sont les faux dieux.