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voilà oouveau prétexte à multiplier les Dieux. Polythéisme . nation peut du moins ravalei Dieu pa 3 iicji matérielles, troc épaisses ou simplement troj Dans {'Iliade, Jupiter propose à toutes les divîi i ores de s'atteler à une chaîne pour l'arracher . s ' ii" d > réussir. En bonne foi, nous oe pouvons prendre sur nous d'admirer. Si l'imagination fait \'i trop humain, par contre et par frayeur
du m ! peut-être, le panthéon Indou sera mons-
trueux et fantastique : bizarre produit de deux forces matérialisme sensuel et spiritualisme rêveur 1 Et li problème, déjà étudié deux fois, se pose tout de - >ii- une autre forme : rester — il le faut bien — dans li nature humaine et sous la loi de conception par le sensible; mais tout ensemble éviter de matérialiser Dieu; nous ne pou\on> autrement — la divine spiritualité -ou- mu gaze d'emblèmes matériels; mai- faire la si diaphane, la spiritualité -i rayonnante, que le voile transparenl se remarque à peine, comme il arrive quand puissante lumière non- apparaît à travers un tissu et délié. Obligés de marquer sur Dieu notr> preinte, faisons-la si légère que lis traits de la Beauté souveraini m soient ni altérés ni obscurcit».
\ \ i ii dire, non- p u \ i- ndrons à mieux encore. Dieu nous ayant faits pour le connaître el l'exprimer avec une -uffismti justesse, l'imagination qu'il nous a donnée y doit moins un obstacle qu'un moyen. Qu'elle serve donc au lieu 'li nuire : ce sera le chef-d'œuvre, et il est possible puisque mai- l.- voyons réalisé.
Tout d'abord, l'imagination nous aide à concevoir el I rendre l'impuissance où nous sommes de bien concevoir et de bien rendre : service négatif, mais qui a son j > i î x Dieu lui-même ne fait-il pas un bel emploi de notre imagination quand, .m Sinaï, prié par Moïse de se découvrir dm- -a gloire, il lui répond : « Tu m- verras point ma l'are,
-, Voyez, entre autres exemples, l'apothéose <!<■ Rama, telle que la donne \. de Laprade, d'après le i:<imayana combiné ,:, autre i entiment de la nature avant le Chris-
, ut'e\ liv. I, chap .ii
car l'homme ne me verrait point sans mourir. Mais voici ta place auprès de moi, sur ce rocher. Quand ma gloire passera, tu te cacheras dans le creux de la roche', et je protégerai tes yeux de ma main tandis que je passe. Alors je retirerai cette main, et tu me verras par derrière, car pour ma face, tu ne saurais la voir (i). » Image à la fois grandiose et touchante, dont Linné se souvenait en contemplant la nature comme un vestige du passage de Dieu (2). Et quel noble usage de l'imagination dans ces vers de Bossuet, déjà cités en partie :
Plus je pousse vers toi ma sublime pensée,
Plus de ta Majesté je la sens surpassée,
Se confondre elle-même et tomber sans retour.
Je t'aborde en tremblant, lumière inaccessible,
Et sans voir dans son fonds l'Etre incompréhensible,
Par un vol étonné je m'agite à l'en tour.
Il faut pourtant passer outre et s'essayer à l'expression de Dieu même. Ici l'imagination va-t-elle trouver où se prendre? Non pas, assurément, dans les attributs divins, mais dans leurs effets visibles, niais dans leurs analogies ou leurs contrastes avec tout ce que les sens nous peuvent offrir.
S'agit-il de la puissance créatrice? Nulle difficulté à la décrire par ses effets : c'est décrire le monde physique, objet naturel et proportionné de l'imagination. Mais comment dire le mode propre de l'opération souveraine? Voici deux moyens. Accumulez autour de l'idée de création les images fortes et gracieuses; elles rendront la puissance irrésistible et l'aisance magnifique de l'action de Dieu. Ainsi lui-même l'a-t-il dépeinte à Job, disons mieux, ainsi a-t-il mis en œuvre l'imagination de Job pour la lui faire entendre. Il pose les fondements de la terre, il dit à la mer : tu ne viendras pas plus loin, tu briseras ici l'orgueil de tes flots; mais cette mer qui s'élance avec toute l'impétuosité de sa vie nouvelle, il y jette les nuées comme un vêtement,
(1) Exode, xxxm, 18 et suivants.
(2) Deum sempiteTnum, immensum, omniscium, omnipotente™,, expergefactus a tergo transeuntem vidi et obstupui.