CONCOURS DES FACULTES DE L AMI
utile et belle. Instrument du commerce des aines, qu 'estelle en soi, que l'expression complète et régulière de l'homme, des choses, de la vie? Apprendre à parler, à écrire, c'est, tout d'abord et de nécessité, apprendre mieux les choses, la vie, l'homme surtout, l'homme sur lequel la parole doit agir pour le perfectionner, l'homme dont la nature bien connue fait, sinon la raison dernière de l'art, au moins sa règle immédiate, facilement visible et largement féconde.
Ces principes établis, nous sommes en mesure de fixer et de réduire à ses conditions pratiques la première des deux grandes lois littéraires.
Conditions de l'action puissante. — Un nouvelliste et Labruyère, un philosophe et Bossuet. — Qu'il faut saisir tout l'homme. — L'homme, premier aspect : unité, dualisme. — Conséquences littéraires. — L'homme mieux connu. — Ses facultés : intelligence, — imagination, — volonté, — sensibilité. — Leurs exigences constantes, simultanées. — Première loi fondamentale : déploiement constant et simultané des facultés chez l'écrivain.
L'action de notre parole veut être puissante, elle veut être complète. Comment y parviendra-t-elle? En saisissant l'auditeur par toutes ses facultés à la fois.
contradictoire en apparence, où les facultés sont comme emportées et en plein vol, mais tout ensemble et sous peine de ne rien produire, gouvernées, ordonnées par la raison et la volonté souveraines.
Cicéron a défini l'éloquence, la sagesse parlant avec opulence, copiose loquens sapientia. L'opulence de la parole suppose toute puissance déployée; mais c'est la sagesse qui parle; donc l'ordre préside à ce déploiement. Saint Augustin met l'art de l'orateur à rendre la vérité lumineuse, agréable, émouvante, ...ut veritas pateat... placeat... moveat. (De Doctrina Christana, iv.) Lumière, couleur, chaleur, qu'est-ce que tout cela, sinon la plénitude d'action de la parole humaine ? Mais à la vérité seule tous ces avantages, et la notion
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.m, il nous rapporte un malin celte nouvelle : : i \!. \ .... qui venait de créer 5 grands 5l \ u contraint de le vendre et il en est mort 'i in. » — 11 y a chance pour que
- meuve médiocrement.
l.'i; \ rencontrent par hasard un
Labruyère : Ci palais, ces meubles, ces jartix, \ous enchantent et vous font récrier première vue sur une maison si délicieuse et sur bonheur du maître qui la possède. Il n'est plus; -i iablement ni si tranquillement que jamais eu un jour serein ni une nuit tranquille; il s'est noyé de dettes pour la porter à ce degré de où elle vous ravit; ses créanciers l'en ont chassé; il a tourné la tète, et il l'a regardée de loin une dernière fois; et il est mort de saisissement (i). » — Quelle différence! Et d'où vient-elle?
Le nouvelliste nous donnait connaissance du fait et rien de plus; il parlait à notre seule intelligence. L'écrivain nous a offert un tableau plein de sentiments et de con- Votre imagination a vu cette maison délicieuse, puis ce regard désespéré du maître qui la quittait. Directement provoquée et mise en scène, notre sensibilité a d'abord été touchée d'une légère impression d'admiration, de peut-être; après quoi, changeant de rôle, elle est entrée dans les émotions poignantes du personnage. Voilà comment la parole a été puissante : elle nous a pris tout enti>
I U philosophe raisonne ainsi : « L'homme a l'idée du
devoir. Or une pareille idée ne peut venir des sens et de la
Donc il y a dans l'homme un principe supérieur
■i li matière el aux sens; autrement dit, ce qu'on appelle
' bien une substance spirituelle. » — Nous nous
inr linons devant l'évidence, et au philosophe comme tel
■l' mandions pas autre chose.
M avec celle de puissance : tant il est vrai qu ellet se retrouvent partout comme les conditions nécesindeui '•! de la beauté.
i fortune.