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Qu'elle achève la parole et en accuse les réticences, mais lition de lire entre les lignes ce qu'il y a et non ce qu'il n'y a point. C'est affaire de sagacité, de finesse, de logiqu sentiment tout ensemble. En ce point, impos-
sible de tracer une règle ab>olue, mathématique; mais n'est-ce rien que d'avertir et de guider la réflexion?
Enfin la voix, nous le savons, peut ajouter au texte une -orte de libre commentaire. Or, ce qu'elle y ajoute Immanquablement et le plus souvent à notre insu, c'est l'expression exacte de notre âme, de ses dispositions actuelles à
I epdroit du vrai et de l'auditoire. Le ton dit vite si nous parlons de conviction ou par routine et manière d'acquit.
II dit parfois, du moins à une oreille un peu fine, ce qui domine chez nous, l'amour du juste ou l'amour-propre. Il décèle, sans qu'on y songe, l'homme poli ,doux, bienveillant, modeste avec assurance et dignité. Il trahit, sans qu'on s'en puisse longtemps défendre, la gaucherie, la bassesse ou, tout au contraire, la suffisance, le caractère hautain, rude, cassant, impérieux. En tout, et jusque dans la plus simple conversation, le ton, la voix livrent à un interlocuteur expérimenté le secret de notre valeur intime. Ici reparaissent une fois de plus les rapports de connexion parfois d'identité, entre l'art véritable et la morale. Toujours lé ton bien gouverné suppose l'âme belle, et d'ailleurs, il ne peut pas longtemps la singer. Voulons-nous donner à notre voix toute sa puissance expressive, et d'ailleurs garder toutes les convenances et les mesures? Supposé l'organe assoupli par l'exercice, nous n'avons qu'unechose à faire : aimer le vrai plus que nous-mêmes, et parler de l'abondance du cœur.