CHAPITRE III
KXAMEX DES DIFFERENTES CATÉGORIES D EFFETS ÉTRAN- GERS DANS LESQUELS SE REALISENT EN FIN DE COMPTE LES ENGAGEMENTS INTERNATIONAUX.
Après avoir passé en revue, dans les chapitres précédents, les différentes sortes d’engagements que les nations contractent les unes envers les autres, nous sommes maintenant en mesure de considérer le mode de règlement de ces différentes dettes ou droits et les instruments par lesquels le règlement s’accomplit.
La plupart des transactions internationales sont réglées par le moyen de Iettre s__da çh ange sur J’ étranger. Il peut ne pas être superflu, pour le ( lecteur en général, de faire quelques remarques sur cette partie de notre sujet. Le public n’a pas, en effet, l'©ccasion de tenir en main et d’examiner les traites elles-mêmes; il ne les a pas étudiées et n’a pu prendre en en faisant l’étude une connaissance des différentes catégories dans lesquelles on peut les classer, ni des propriétés qui s’attachent à chacune d’elles.
En se mettant au point de vue des changes étrangers, il faut considérer que les dettes contractées entre différentes nations sont sur le point d’être acquittées. En fait, dans la plupart des cas, il y a un crédit accordé avant que les effets soient tirés ou avant que les remises aient été envoyées pour liquider les comptes; mais nous n’avons pas. quant à présent, à nous en préoccuper directement ; toutefois, une discussion sur les changes ne serait pas complète si l’on n’y faisait pas allusion.
Quand le public sait qu’il existe une balance restant à régler, pour laquelle il a été accordé un crédit mais qui, en fin de compte, sera liquidée par un payement, cette certitude du règlement à venir a, jusqu’à un certain point, sur les changes, un ellet semblable à celui qu’on voit se produire en certains cas dans les affaires de marchandises. Car si l’on sait sur un marché quelconque que la quantité d’une certaine marchandise peut être augmentée dans des conditions indéfinies, la connaissance de cette possibilité produit un effet presque aussi puissant que si 1 approvisionnement existait en réalité.
Mais ce que nous avons à examiner dans ce moment, c’est la liquidation de dettes arrivant à
échéance, c’est-à-dire d’engagements pour lesquels le temps du règlement est arrivé.
Les dettes réciproques des différents pays, lorsque le temps de la liquidation approche, prennent, pour ainsi dire, corps sous forme de lettres de change, et cela jusqu’à la limite du possible, ce mode de règlement étant universellement employé tant que les dettes d’un pays sur l’autre trouvent une contre-partie dans les dettes en sens contraire des pays étrangers. Il est certain que l’emploi de la lettre de change sera étendu inévitablement au règlement de tous les comptes qu’il sera possible de liquider, sans courir le risque ni faire la dépense d’un transport de numéraire. C’est un simple transfert, c’est une liquidation directe que font entre eux les créanciers d’un pays étranger et ceux qui sont engagés envers ce pays, en mettant au dehors et en face les uns des autres leurs propres débiteurs et créanciers. Mais comment pourra-t-on liquider les engagements à l’étranger, si les dettes qu on peut prendre en compensation d'un côté ou de l’autre sont épuisées, s’il existe un solde de dettes à payer, sans qu’il existe un équivalent de rentrées à faire qu’on puisse mettre en regard ? Nous verrons plus tard qu’on peut imaginer des combi-
liaisons artificielles et employer de nouvelles lettres de change à régler, du moins pour un temps Je solde en question.
Mais c’est là une question plus compliquée dont nous devons, quant à présent, différer l’examen.
Ce que nous avons à considérer d’abord, ce sont les effets étrangers, qui sont, pour ainsi dire, le corps des dettes et des droits actuels et qui représentent un échange, échange fait entre le tireur ou vendeur de l’effet, et l’acheteur du même effet. Le premier cède le droit qu’il possède sur un débiteur étranger, contre un payement sur place et l’acheteur remet l’effet qu’il vient d’acheter à un autre étranger, vis-à-vis duquel il était lui-même endetté.
Pour un œil exercé à déchiffrer l’histoire d’une lettre de change à simple vue, il est facile, dans la plupart des cas, de trouver sur l’effet même la preuve de son origine et d’en déterminer la nature. L’étude attentive d’un gros bordereau composé de lettres de change diverses peut apprendre beaucoup de choses tant sur les affaires internationales en général que sur le caractère particulier de l’époque. On y trouvera des effets représentant toutes les raisons de dettes d’un pays à l’autre que nous avons décrites. La plus grande