‹ Théorie des changes étrangersChapitre 41 sur 51 · Livre sterling · texte numérisé non relu

Livre sterling

Tlialers

Florin de Francfort Marc banco . . .

Franc belge . . .

financière qui a fait l’office de correspondant du

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t Trésor, qui a recueilli en souscriptions et en libé-

DE i/lNDEMNITÉ DE GUERRE .

rations une grande quantité de change, et qui a rendu à l’opération les services les plus signalés.

Pour les souscriptions premières, le Trésor a accordé à ses correspondants à l’étranger une commission de 1/4 et de 1/2 pour 100. Pour les libérations ultérieures, il a continué le système des commissions, qui ont été de 1 pour 100 à l’origine, et qui ont été réduites plus tard à 1/2 et 1/4 pour 100.

La libération en change a eu tout à la fois pour conséquence ou pour origine, pendant les années 1872 et 1873, une suite d’arbitrages que le Trésor a favorisés au moyen des commissions dont nous venons de parler et dont il a pu modérer, d’ailleurs l’action pour ainsi dire à volonté.

On faisait à la Bourse de Paris des affaires sur l’emprunt sous deux formes ; on pouvait acheter et vendre de l’emprunt libéré seulement des versements exigibles, ou de l’emprunt libéré par anticipation de tous les versements à venir. Il y aurait

naturellement entre les deux cotes une différence à peu près égale à celle de l’escompte.

En effet, si l’on avait acheté, par exemple, le 15 juin 1873, un certificat de 5 francs de rente, cette rente devait être libérée des 10 premiers versements, et devait donner lieu à des payements

RAPPORT SUR UE PAYEMENT

réguliers et mensuels pendant 10 mois à venir. On pouvait, cependant, opérer tout de suite les versements qui restaient à faire, et si l’on profitait de cette faculté, on recevait une bonification d’escompte de 0 fr. 94. La rente non libérée cotée à la Bourse valait donc le 13 .juin 1873-0 fr. 94 de plus que la rente libérée, puisqu’on n’avait qu’à se présenter au Trésor pour toucher cette différence à titre de bonification.

Si une personne achetait de la rente non libérée et vendait de la rente libérée, en liant les deux opérations et avec un écart égal à la bonification de l’escompte, elle pouvait se liquider sans perte en livrant à son acheteur le non libéré après l’avoir libéré, et si cette personne obtenait, sous forme de commission, une bonification plus forte que l’écart normal de l’escompte, elle pouvait faire un bénéfice. C* t ** r * (. ^ î i . i yû, >> \ ^

S Ce bénéfice, on le procurait, en réalité, aux personnes qui faisaient leur libération en changes

étrangers.

L’arbitrage dont nous parlons pouvait avoir cependant des inconvénients, car il enlevait au marché une valeur qui nécessitait un moindre emploi de capital, pour y introduire une valeur qui demandait un déboursé plus fort. 11 avait

encore cet autre inconvénient de remettre pour ainsi dire en spéculation des rentes qui, autrement se classaient naturellement en absorbant mois par mois les économies de ceux qui les avaient souscrites ou achetées.

Mais, pendant toute la grande affaire des deux emprunts, il n’y a pas eu de témérité, si tant est qu’il ait été téméraire de faciliter l’arbitrage en question, qui n’ait réussi, à cause de l’énergie avec laquelle les capitaux se sont portés sur la rente.

Les achats au comptant n’ont pas cessé un seul instant de diminuer la masse des rentes en spéculation, si bien qu’au commencement de 1874, on a pu dire que les 5 milliards étaient déjà presque entièrement absorbés par l’épargne du pays.

On sait que les receveurs généraux se chargent de faire acheter au comptant les titres de rente dont la clientèle des départements peut avoir besoin. Ce n’est qu’une fraction des achats de môme nature faits dans les différentes bourses, d’abord parce que Paris n’a point de part à ses achats, et ensuite parce qtie les achats importants sont confiés directement par les capitalistes à leurs agents de change.

Cependant, et quoique ne comprenant qu’une

Il APPORT SUlt LU PAYEMENT

partie des rentes achetées au comptant, ces achats ont porté, du premier juillet 1871 au premier janvier 1874, sur les quantités suivantes :

Rente 3 0/0

Emprunt Morgan 0 0/0.

Ensemble. . . .

représentant un capital d’environ 1 milliard 275 millions de francs.

Nous avons parlé plus haut du traité passé avec un syndicat des banquiers pour la fourniture de /00 millions de francs en change étranger.

Ce traité a été conclu au moment de l’émission de I emprunt de 3 milliards, c’est-à-dire au mois de juillet 1872.

Le premier emprunt avait donné de très bons résultats. Il avait été l’objet d’une garantie de sousc i iption par un certain nombre de maisons de banque. La souscription avait été couverte plus de 2 lois et les preneurs avaient dû être réduits à 15 pour 100 de leurs demandes.

Le succès de ce premier emprunt pouvait faire présager le succès du second; néanmoins, on pouvait se demander si les ressources des capitalistes

n’étaient pas momentanément taries, et si l’on pourrait réussir aussi facilement à trouver 3 milliards après qu’on en avait obtenu 2 l’année précédente.

D’un autre côté, la spéculation avait eu une grande part dans la souscription du premier emprunt; les titres étaient dans les mains de banquiers qui prêtaient leur argent sur ces rentes plutôt qu’ils ne se les appropriaient à titre définitif ; on pouvait craindre que la spéculation, qui rend tant de services dans de semblables circonstances, i ne fût, comme l’épargne elle-même, en partie i épuisée.

Cependant, comme il semblait que les garanties que donneraient des maisons de banque devaient leur procurer sans grand risque le bénéfice d’une importante commission, on eut l’idée fort ingénieuse d’imposer au syndic at de garantie la fourniture de 700 millions de francs en change étranger à des conditions déterminées.

On intéressait par là les grandes maisons de banque, non seulement à la souscription de l’emprunt, mais encore au maintien dans les limites raisonnables du cours du change, puisque c’étaient ces maisons de banque elles-mêmes qui couraient aux lieu et place du Trésor le risque de la hausse

RAPPORT SUR UE PAYEMENT

du change jusqu’à concurrence d’un achat de 700 millions de francs.

On peut dire que toutes les grandes maisons de banque de l’Europe ont concouru à cette opération, et il suffit, pour montrer l’étendue et la grandeur de cette affaire, de dire que le nombre des maisons qui ont signé le traité ou qui y ont adhéré était de 55, et que plusieurs d’entre elles représentaient des syndicats de banquiers, ce qui portait le nombre des intéressés à un chiffre bien plus considérable encore 1 .

Ce traité paraît avoir eu une grande influence sur l’opération totale et sur le maintien du cours du change dans les prix modérés.

Le change procuré par les souscriptions d’origine et par les libérations successives a atteint la somme de 1,773,000,000 Le traité conclu en juillet 1872 a donné. . . 700,000,000

Ensemble Le reste, soit

a été successivement acheté sur la place, savoir : 1 milliard 078 millions pour la première partie de

1 La concentration des efforts de toutes les maisons de banque de l'Europe a produit des résultats d'une grandeur inespérée. Toutes les autres affaires ont été suspendues pendant un temps, et les capitaux de toutes les banques privées et de tous leurs clients ont concouru au succès du placement des emprunts français et du passage des capitaux à l’étranger. C'est là un fait nouveau dans l'histoire économique de l'Europe, et il convient d'y attacher une importance particulière.

l’opération, celle des deux milliards, et 697 millions pour la seconde et dernière partie de l’opération, celle des trois milliards. Ces chiffres ne comprennent pas les achats pour conversion d’un change en un autre, ni les effets qui ont, comme ceux sur Hambourg*, donné lieu à des remises en numéraire.

La première opération, qui s’est étendue du I er juillet 1871 au 6 mars 1872, a porté sur 1 milliard 477 millions, dont la souscription primitive a fourni 213 millions, les libérations successives 186, et les achats sur place 1,078.

La seconde, qui s’est étendue du mois d’août 1872 au mois d’août 1873, a porté sur 2 milliards 771 millions, dont la souscription primitive a fourni 389 millions, les libérations successives 985, le traité avec les maisons de banque 700, et les achats sur place 697.

Nous avons fait dresser un tableau graphique des cours du chang'e sur Londres, du mois de juillet 1871 au mois de septembre 1873, et l’on peut remarquer en le parcourant l’abaissement de la courbe des prix pendant le moment de repos qui s’est produit entre les deux opérations du mois de mars au mois de juillet 1872.

Enfin, on peut y voir, également d’un coup

RAPPORT SUR LE PAYEMENT

d’œil, que la courbe des prix s’est maintenue dans des prix bien plus bas et biens moins agités, pendant la seconde opération, que pendant la première.

Le traité des 700 millions et la mesure avec laquelle le Trésor a facilité ou arrêté les arbitrages entre les titres de rentes libérées et les titres de rentes non libérées ont été pour beaucoup dans ce résultat favorable.

Pour compléter ce tableau graphique, nous donnons un état du prix de l’or en barres pendant la même période.

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