‹ Théorie des formes lyriques de la tragédie grecque [microform]Chapitre 100 sur 250 · LES STROPHES QUI SE RÉPONDENT A DISTANCE · texte numérisé non relu

LES STROPHES QUI SE RÉPONDENT A DISTANCE

On connaît ces vers d'Horace, qui ont servi de règle à notre tragédie

classique :

Neve miner neu sit quinte productior actu Fabula, quae posci vult et spectata reponi*.

Ce précepte, accepté aveuglément par Sénèque, était encore étranger aux traditions véritables du \' siècle. «Dans les pièces des grands poètes d'Athènes, on trouve assez souvent, il est vrai, quatre grands morceaux du chœur, une Parodos et trois Stasima^ placés entre cinq parties réservées aux acteurs, ou à l'action proprement dite, cinq actes, comme s'exprimaient les Latins; mais un grand nombre de tragédies sont autrement divisées 3. »

C'est ainsi que VOEdipe-Roi, regardé universellement par les modernes comme le chef-d'œuvre classique du théâtre grec, est une pièce de quatre Stasima. Elle est donc composée d'un xp^XoYoç, de quatre eTreiŒ^Sia et d'une s^oSoç. Si l'on regarde chacune de ces parties comme l'équivalent d'un acte moderne, V Œdipe-Roi est une tragédie en six actes. De plus, quand on compare la longueur respective de ces éléments, on est surpris de leur inégalité. Le quatrième Épisode, en effet, a soixante-quinze vers, le second environ cinq fois plus, et l'Exodos est aussi longue qu'un acte de Corneille ou de Racine. On est donc encore très éloigné de la symétrie de notre tragédie française.

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