Editio tertia, Oxonii
3. A A': str. iambiques.— BB': deux dimètres dochmiaques.— VV : éléments iambiques, parmi lesquels sont intercalés deux dimètres dochmiaques et un trimèlrc crétique. — a a': un trimètre iambique. — pp': deux trim. iambiques. — y : neuf trim. iambiques.
lii FORMES LYRIQUES DE LA TRAGÉDIE GRECQUE.
épirrlièmc : y. Sophocle a donc employé ici les trois acteurs à la fois, ce qui est exceptionnel. D'ordinaire, quand le Iritagoniste intervenait, il ne paraissait pas sur la scène.
Il faut encore remarquer que la première couple de strophes est chantée par deux voix. Ce morcellement des parties lyriques nous éloigne de plus en plus de la simplicité primitive.
La même tragédie contient un second Commos du même genre que précède une longue introduction anapcstique récitée par le coryphée et le roi. Ce prélude, ajouté à la description que fait l'cxangélos de la manière dont ce dernier s'est crevé les yeux, indique chez l'auteur une intention marquée: il a voulu donner une grande importance à l'entrée en scène de son Œdipe aveugle et ensanglanté:
Œdipe-Roi: i3i3 — 1368*.
A : Œdipe i3i3-i8
a : Chœur 1319-20
' A': Œdipe 1321-36
a': Chœur 1337-38
' - B : Œdipe i339-35
g : Chœur i336
r : Œdipe 1337-A6
Y : Chœur 1347-48
B': Œdipe i349-55
3 ': Chœur i356
\ ^ y'* Chœur 1367-68
L'horreur tragique, qui atteint aux dernières limites, est exprimée dans une forme harmonieuse. L'art de Sophocle sut toujours renfer-
I. Le prélude, 1297-1313, est forme de dix clcmcnls anapcstiques, que récite le coryphée. Œdipe y répond par trois dimèlres et un parémiaquc. Le corypjiée conclut par un Irimètre iambique. — A A': une dipodie iambique, mais la lonjçue de lui = uo peut valoir plus do deux temps. Suivent deux dimctres dochmiaques, deux longues et deux trimètres iambiques. — BB' ; deux dim. dochmiaques, une octapodie iambique, un monomètre dochmiaque et un Irimètre iambique. — F V : le commencement est iambique; on termine par trois dimètres et un monomètre dochmiaques. — Les épirrhèmes sont des distiques iambiques, sauf p p' qui ne sont formés l'un et l'autre que d'un dimèlre; cf. R. et W., p. 788 sq.
LES COMMOI.
mer. par une antithèse savante, la peinture désordonnée des douleurs humaines dans un tableau d'une régularité absolue. L'émotion n'a pas troublé la symétrie du poème, et cette symétrie n'a pas nui au naturel « . Œdipe sort du palais. Il s'avance lentement et en mesure. Chaque anapeste du coryphée accompagne un de ses pas. Il continue de marcher, en récitant à son tour une période dont il suit le rythme. Quand le chef du chœur lui répond par un vers iambique, l'infortuné est arrivé au miUeu de la scène et le chant véritable commence. Il est composé de trois Syzygies régulières. Œdipe chante; le chœur récite.
Le Commos suivant est construit sur le même modèle. Il est formé d'une suite de doubles Syzygies entrelacées. La dernière manque encore une fois d'anlépirrhème. ^
Antigone : ia6i — 1346».
Créon 1261-69
Chœur 1270
Créon 1271-76
Exangélos(3 tr.). Cr. (i tr.). Exang. (2 tr.). 1278-83
Créon 1284-92
Chœur "Q^
Créon i394-i3oo
Exangélos (5 trim.) i3oi-i3o5
Créon i3o6-i i
Exangélos (2 tr.). Cr. (i tr.). Exang. (2 tr.). i3i2-i6
Créon i3i7-25
Chœur 1326-27
Créon i328-33
Chœur (2 tr.). Cr. (i tr.). Chœur (2 tr.) . . i334-38
Créon 1 339-46
1 . Dans sa Lettre sur les occupations de l'Académie française, VI : Projet d'un traité sur la tragédie, Fénelon, pour critiquer Corneille et Racine, remarque que Sophocle fait toujours parler ses personnages selon la vraisemblance : a II ne fait dire à Œdipe que des mots entrecoupés; tout est douleur... » Suit une traduction de quelques vers de ce Commos. Est-ce que Fcnclon n'entrevoyait pas la symétrie des thrènes de Sophocle?
2. A A' : str. dochmiaques. Dans la plupart des éditions, 1268, 1286 forme un dimètre créliquc. - B B' : sir. iambiques cl dochmiaques. — T V'eill' : sir. dochmiaques pures ;
FOllMES LYRIQUES DE hX TRAGEDIE GRECQUE.
En comparant la suite des personnages dans P et p', il est évident que le texte de nos éditions est en souffrance. Il manque dans l'antépirrhème un vers de Créon, ou celui qui lui est attribué dans l'épirrhème est h retrancher. A part ce léger défaut dont la tradition seule est responsable, la régularité de la construction est parfaite. Dans le troisième antépirrhème, le chœur remplace l'exangélos, en observant les règles mentionnées plus haut.
L'exemple qui suit présente une anomalie assez curieuse :
Œdipe a Colone : 833-43 = 876-851.
A : Œdipe. Chœur. Créon. Chœur 833-36
a : Créon. Œdipe. Chœur. Cr. Ch. Cr 837-Ao
B : Chœur 84i-42
A': Œdipe. Chœur. Créon. Chœur 876-79
a: Créon. Œdipe. Chœur. Cr. Ch. Cr 88o-83
B': Chœur 884-85
L'épirrhème de la seconde Syzygie est supprimé. C'était, après tout, la partie la moins importante et la moins vitale de l'ensemble, puisque souvent rien ne lui répondait. Aussi a-t-cllc clé remplacée par un assez grand nombre de trimètres qui n'appartiennent pas au Commos^. Nous sommes donc arrivés par degrés à une forme très différente de celle d'où nous sommes partis. Il est à peine besoin de remarquer que V Œdipe à Colone est postérieur en date à toutes les autres tragédies de Sophocle
Jusqu'ici, toutes les constructions indiquées sont certaines. Il me faut maintenant aborder celles sur l'ordonnance desquelles on n'est pas encore d'accord. J'appliquerai les lois que j'ai formulées, pour résoudre ces problèmes. Si je n'y arrive pas complètement, leur difficulté sera peut-être mon excuse.
cf. Gleditsch, Cantica, p. 120 sqq. — aa : un, yy' : cinq, 8 : deux trimètres iambiques. P p' : six et cinq trimètres : inégalité choquante.
1. A A' : str. dochmiaques. — BB' : str. dochmiaques. — a a' : quatre trimètres iambiques ; cf. Gleditsch, p. 206 sqq.
2. Il y a peut-être ici une réminiscence des strophes xairà 5il"/£iav, que j'ai mentionnées à la fin du chapitre précédent^ p. 119 sqq.
LES GOMMOI.
Les thrènes que je vais essayer de reconstruire sont au nombre de quatre. Ils se trouvent dans V Agamemnon d'Eschyle, dans l'Electre de Sophocle, dans ÏAndromaque et les Héraclldes d'Euripide.
Voici le schème que G. Hermann a donné du premier ^ II a été accepté par un grand nombre d'éditeurs.