I. Cf. ch. III, p. io8 sq
a. Je rappelle que dans celle notation les minuscules indiquent les iambes, ou les anapestes récités avec accompagnement (napaxaTaXoyVi), et les majuscules, les strophes lyriques. Voir V Introduction, p. X.
3. La seule exception chez ce poète ne se rencontre que dans la Parodos du Prométhée.
LES COMMOI.
Il ne faut pourtant pas croire que l'art avec lequel les Grecs disposaient les éléments divers de leurs thrènes, soit jamais arrivé à un degré de complication telle, que les modernes ne puissent plus le comprendre. Il fut au contraire, surtout avec Eschyle, sinon d'une grande simplicité, du moins d'une régularité quasi géométrique. Or, qui ne voit que cette régularité serait détruite par un équilibre aussi
peu naturel?
Peut-être serait-on tenté d'objecter que dans le grand Commos des Choéphores, un système anapestique répond à un autre système, bien qu'il en soit séparé par un intervalle d'environ soixante vers', groupés eux-mêmes en strophes et en antistrophes. Ce rapprochement serait des plus malencontreux, car au heu d'étayer la construction sur la solidité de laquelle on a des doutes, il servirait au contraire à l'ébranler et à la renverser. L'intervalle entre la strophe et l'antistrophe importe peu : il peut aller jusqu'à plusieurs centaines de vers 2. Au contraire, la symétrie de l'ensemble doit pouvoir se dessiner. Elle est merveilleuse dans le Commos des Choéphores; dans celui que j'étudie, elle laisse à désirer. La conclusion nécessaire, c'est que le texte a été altéré.
S'il n'y avait pas en effet quelque pédanterie à tenter une comparaison facile, on pourrait dire que les parties lyriques de la tragédie sont toujours disposées, chez Eschyle, comme les colonnes d'un temple antique. Quel que soit Tordre d'architecture auquel elles appartiennent, l'espace qui les sépare ne varie pas. Le temps peut en avoir abattu quelques-unes, il peut avoir effacé du sol jusqu'aux vestiges de leurs fondements : celles qui sont encore debout indiquent elles-mêmes la place, le diamètre, la hauteur de celles qui ont disparu.
Ici. le centre de l'édifice lyrique a été conservé intact; les deux ailes sont en ruines. On doit donc se garder de trouver un plan régulier dans le désordre de leurs débris : ces pierres sont éparscs au hasard. Si l'on veut rétabhr toute la colonnade dans son harmonie primitive, il faut au contraire reconstruire la partie ruinée sur le modèle de ceUe
que le temps a épargnée.
Or, dans la troisième et dans la quatrième Syzygies, des vers lyriques et des systèmes anapestiques se succèdent huit fois en se répondant de