I. Choéphores, 34o-4 = 4oo-4. Infra, p
a. Cf. Hippolyte, 862-72 = 669-79; Rhésos, i3i-36 = 195-200; 454-^6 = 820-82.
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quatre en quatre. Le premier système y et la seconde strophe A sont répétés après la première antistrophe r'. Il faut donc de toute nécessité que la même disposition se retrouve dans la première et dans la dernière partie de l'édifice. Cette restauration donne le dessin général qui suit:
Agamemnon: i/i48 — 1576*.
es
co
Si
es
} éphymnîon.
Clytemnestre
éphymnion; répétition de 1 455-61.
Clytemnestre
Chœur
eu u
éphymnîon.
Clytemnestre Chœur
Î éphymnion; répétition de 1489-96.
Clytemnestre Chœur ,
eu
îi.
to
jj
es
éphymnion.
Clytemnestre,
Clytemnestre.
I éphymnion ; répétition ) de 1 537-50.
Ce Commos ainsi retouché est composé de trois tiers semblables, de chacun deux Syzygies entrelacées. Celui de VAntigone est moins étendu,
I. A A' : mélange de vers logaédiques, iambiques et trochaïques. — B B' : logaèdes et cola trochaïques. — FF' : logaèdesel cola iambiques.— A A' : logaèdes.— E E' : iambes, mail i53i, i56i sont des logaèdes.— ZZ': logaèdes.-aa', p p', y y', 58', ee'. Ç ;': anapestes!
LES COMMOI.
mais il lui ressemble. Encore Eschyle, en n'employant qu'un seul acteur, qu'il oppose selon son habitude à l'orchestre, et en intercalant des refrains dans son thrène, fait-il preuve d'un art moins raffiné.
Cette répétition de rèç-^viov a déjà été admise par un certain nombre d'éditeurs » ; d'autres l'ont repoussée. Un de ces derniers, M. Weil. qui a plus que personne contribué à établir le texte d'Eschyle, n'a pu se résoudre à l'accepter, parce que Clytemnestre, dit-il, répond au chœur comme si elle ne l'avait pas entendu ». La gravité de cette objection sera peut-être atténuée dans ce qui suit :
En général, le refrain d'Eschyle, comme celui de la chanson moderne, est en situation après le premier couplet, pour lequel surtout il a été fait, et s'adapte assez mal aux autres. Dans un Stasimon des Euménides^, les copistes l'ont oublié après la seconde et la troisième antistrophes, et l'on aurait mauvaise grâce à nier qu'il ne s'y rattache guère. On a eu cependant raison de le rétablir.
Ce manque de cohésion avait déjà été observé dans l'antiquité. Aristophane n'a pas hésité à parodier les èçuii-via d'Eschyle 4. Or, s'il ne faut pas trop se fier aux critiques qu'il adresse à Euripide, il est en somme assez favorable au vieux poète pour ne pas lui imputer une imperfection imaginaire. Le jugement du comique doit diriger le nôtre; irrespectueuses dans la forme, ses railleries ne portent pas à faux : elles autorisent nos réserves. Le défaut existe; d'ailleurs, il était inévitable.
Le refrain était composé après la strophe. 11 ne pouvait pas changer. Dans le mouvement général, il restait immobile. Si la pensée faisait dans l'antistrophe quelques pas en avant, il était distancé par elle. Quand on le reprenait, il n'y avait pas suite, mais recul dans le développement. Ainsi l'esprit de l'auditeur, entraîné par les idées du poète comme dans un flot, était heurté par leur arrêt subit et contrarié
I. Entre autres par Kirchhoff, dans son édition d'Eschyle, et par Wecklein, dans celle de VOrestie. — L'emploi de ces refrains se trouve encore dans le Duo scénique des Sept contre Thebes. Je laisse de côté les Stasima.
9. Préface de son édition d'Eschyle (Teubner, i884 et 1889), p. X: Nequc a me impêtrare potui ut post v. i474 iterarem vv. i455-i46i, post v. i506 w. 1587- i55o. Haec qui inserunt injuriam faciunt poelae surdamque nobis exhibent Clytaemnestram, ut quac chorum coUaudet ob scntentiam mutatam, quum ille in eadem sententia eisdem verbis itcrum prolata obstinate permaneat.
3. Euménides, Stas. I, strophes BB'. TT'. (346-69 = 860-67, 368-76 = 877-80).
4. Grenouilles, 1264 sqq. Voir la note de Kock sur ce passage.
dans l'élan qu'elles lui avaient donné par ce brusque retour en arrière.
Cela est si vrai que dans la troisième et dans la quatrième Syzygies, dont la disposition est indiscutable, il s'en est fallu de fort peu que la répétition du refrain n'ait encore été supprimée. Après avoir déclaré à Clytemnestre, dans l'antistrophe T' (i5o5-i2), que personne ne voudrait attester qu'elle est innocente du meurtre de son époux, le cbœur revient dans Vi^{)\L'9io't y' ^' (i5i3-2o) sur la mort de son roi bien-aimé. Or, la réponse que fait Clytemnestre en cet endroit (S' = 1 53 1-29) ne se rattache pas au refrain, mais à l'antistrophe r' qui le précède, puisque voyant qu'elle ne peut rejeter la responsabilité de son crime sur le Génie fatal aux Atrides, elle a recours à un autre argument qui en diminue l'horreur : « Après tout, dit-elle, Agamemnon n'a-t-il pas tué Iphigénie, sa fille? Il a expié sous les coups mortels du fer, le crime qu'il avait le premier commis. »
Les lecteurs anciens avaient remarqué ici même que les idées ne se suivaient pas. Un interpolateur, d'ailleurs fort maladroit, voulut relier la réponse de Clytemnestre à la strophe du chœur ' : sa grossière retouche a été avec raison elîacée par Seidler.
La répétition du refrain y'^' n'amène donc pas les anapestes de l'acteur. Personne cependant n'oserait dire qu'il faille la retrancher. Elle nous a été conservée par les manuscrits, bien que le lien qui la rattache à ce qui suit, soit déjà assez lâche. Ailleurs elle a été supprimée, parce que la suite des idées semblait rompue par son maintien : c'est aux modernes à la rétablir.
La rigueur de la forme lyrique a donc nui à la pensée de l'écrivain ; mais il ne faut pas exagérer le défaut, d'ailleurs véritable. Nous devons bien nous dire, en effet, que la lecture de ce Commos ne produit pas sur notre esprit l'impression que ressentaient à la représentation du drame les spectateurs de 458. Il est certain que les refrains» n'étaient pas récités et chantés comme les strophes du chœur 3 et les systèmes