Ibid., 8o
contre sa mère, qui se réjouit de la funèbre nouvelle, est si violente qu'elle l'empêche presque de parler. Le chœur cherche à consoler la malheureuse sans y parvenir.
Ce Commos est composédc deux couples de strophes. Dans la première, . Electre pousse quelques exclamations douloureuses. Elles sont à peu près les mêmes dans l'anlistrophc que dans la partie à laquelle elle répond ». La fin de A, A' . B, B' est marquée par un couplet plus long que les autres. Ce sont deux habitudes constantes dans ce genre de composition.
Cette suite considérable de parcelles, qui ne sont le plus souvent que des exclamations dissyllabiques, est encore plus remarquable dans les deux morceaux qui suivent:
Œdipe a Colone : 5io — 5483.
A : Ch. Œd. Ch. Œd. Ch. Œd. Ch. Œd. Ch. A': Œd. Ch. Œd. Ch. Œd. Ch. Œd. Ch. Œd. B : Ch. Œd. Ch. Œd. Ch. Œd. Ch. Œd. Ch. Œd.
Le chœur brûle du désir d'entendre de la bouche même d'Œdipc rénumération de ces crimes dont on parle de tous côtés. Il profite de l'absence d'Ismène pour interroger le vieillard avec insistance. Œdipe ne répond d'abord que par des gémissements. Quand il se résout enfin à parler, il n'émet que des mots, entrecoupés des exclamations pleines d'horreur et d'épouvante de l'orchestre. Ce Commos, formé de quatre parties constitutives, est une sorte de chant dialogué où ne sont jamais attribués au chœur ni à Œdipe plus de deux vers.
On a vu que dans les antistrophes un acteur pouvait remplacer un autre personnage de la scène ou de l'orchestre, à condition qu'il prît tout le rôle que celui-ci jouait dans la strophe 3. Cet échange a lieu dans la première moitié de ce Commos avec la régularité désirable. Pareil fait se rencontre encore une fois dans la même tragédie.
1. Cf. Zambaldi, Metrica, p. 64i sq. — Voir d'ailleurs supra, p. io6.
2. AA: 5io-52o = 52i-533 : strophes logacdiques. — B B' : 534-54i =543-548 : strophes iambiques; cf. Gleditsch, op. cit., p. 199 sqq.
3. Pour plus d'exactitude, se reporter à la page iSg de ce livre, et comparer VAjaXy 348-429; VŒdipe-Iioi, O49-96; V Electre, 1407-1 44 1.
LES COMMOI.
Œdipe a Colone : 1670 — 17501.
A : Antig. Ch. Ant. Ch. Ant. Ism. Ch. A': — —_____-
Antigone et Ismène pleurent la mort de leur père ; seules et livrées à elles-mêmes, elles s'inquiètent de l'avenir. Le chœur essaie de calmer leur douleur et leurs appréhensions. Dans la seconde antistrophe, il chante tout ce qui répond à la partie d'Antigone. Ismène se tait; sa sœur la remplace.
Cet échange des rôles fournit un indice, qui servira peut-être à trancher une question assez obscure et souvent discutée. Dans ces sortes de Commoi, ce que les manuscrits attribuent au chœur ne pouvait pas être chanté à l'unisson par les quinze choreutes. Chacun le reconnaît. Le mouvement est trop rapide et les reprises trop multiples ; les personnages de l'orchestre chantaient tous ensemble les seuls Stasima. Faut -il donc admettre que les nombreux x6ji.;jLaTx de ce thrène étaient attribués à des choreutes isolés? C'est en particulier l'opinion de Christian MulT». lia prétendu que les quatorze, ou même que les quinze choreutes intervenaient ici tour à tour. Je ne puis être de son avis.
Outre que le grand nombre de reprises ne comporte guère ces changements continuels d'exécutants, n'est-il pas naturel de croire, puisque l'acteur, dans une antistrophe, ne peut se substituer qu'à un seul de ses camarades, qu'il doit, s'il remplace le chœur, ne prendre le rôle que d'un seul personnage? Or, quel autre que le coryphée avait assez de talent pour répondre à la scène, et assez d'autorité pour parler au nom du chœur entier?
1. AA': 1670-96=1697-1723: iambo-trochées ; la fin, 1693-6= 1720-3, est logacdique; le premier couplet d'Antigone, 1670-6 = 1697-1703, est écrit en dactylo-trochées. — BB' : 1724-36= 1737-50 : iambo-trochées; cf.R. et W., p. 3i2, 3; Gleditsch, op. cit., p. 224 sq. Les divisions de ce dernier métricien sont légèrement différentes.
2. Chorische Technik des Sophokles, p. 309 sqq. Cf. dans le même livre, p. i35 sqq., 282 sqq.
li;!
Euripide se sert encore plus souvent de ce Commos que de celui où les anapestes forment les épirrhèmes; l'agitation de ceux qui le jouent convient au caractère de ses drames.
Suppliantes : 794 — 836 « .
Introduction anapcstiquc récitée par le coryphée. A : Adraste. Chœur. A. C. A. G. A. G. A. G.
B • A. vj. a. \j*
On a apporté sur la scène les cadavres de ceux des Sept Ghefs, qui étaient Argiens. Leurs mères forment le premier otoTxo;, et les dix autres chorcutes jouent un rôle inférieur. Ge chœur est donc de composition mixte: sur la première ligne se tiennent les mères de Gapanéc, d'Étéocle, fils d'Iphis, d'Hippomédon, de Parlhénopée et de Tydée', tandis que leurs servantes sont rangées sur la deuxième et sur la
troisième.
Arnoldt3 attribue dans la strophe et l'antistrophe les cinq premiers couplets du chœur à chacune des cinq mères des guerriers morts. Wecklein^» a raison de remarquer que l'exhortation d' Adraste 5, qui se trouve on tête de ces lamentations, s'adresse aux cinq mères à la fois, et que la division d'Arnoldt est en contradiction avec le texte. Les cinq parastates chantaient à l'unisson tout ce qui est attribué au chœur dans la strophe et dans la partie qui lui répond ; quant aux deux couplets de 1 epode, ils appartenaient au coryphée.
Une disposition presque identique se retrouve un peu plus loin dans la môme pièce.