Wecklein, art. cité, p. 484 sq
5. Toutes les strophes et antistrophes sont iambiques; cf. R. et W., p. 286 sqq. Lacune d3 deuï éléments après II 81.
Les deux enfants d'Agamemnon, couverts de sang», viennent raconter en style lyrique comment ils ont tué leur mère. Leur narration douloureuse est entrecoupée par les gémissements et les plaintes du chœur. Toutes les strophes de la scène sont terminées par un couplet de l'orchestre.
Oreste : 1 4o — 307 »• A : Chœur. Electre. Ch. El. Ch. El.
Cette Parodos a déjà été étudiée. Je ne la mentionne ici que pour la placer dans le milieu qui lui convient. L'état douloureux d'Orcste, les soins que lui prodigue Electre, ont déterminé Euripide à se servir de la forme lyrique, qui convient surtout a la peinture des sentiments passionnés, et à donner le principal rôle à la jeune fille, qui veille avec une attention si jalouse sur le sommeil de son frère.
UOreste fut le dernier drame conservé qu'Euripide fit jouer à Athènes. On sait que VIphigénie à Aulis et les Bacchantes furent composées en Macédoine. Dans la seconde de ces tragédies on trouve encore une fois un thrène du même genre.
Bacchantes : i i 68 — i i 99 3.
A : Agave. Chœur. A. C. A. C. A. C. A. C. A. C. A. C. A. C. A.
1. Cf. 1172 sq., jjLTQTpb; veo?6voi<Tiv ar|ia<n Ileçupixlvoi.
a. Pour la scansion de ce thrène, voir au chap. II, p. 62.
3. A A' : 1 1 68-83 = 1 184-99 : Commosdochmiaque ; il nous est parvenu en assez mauvais étal.— 1168, Wecklein: ti' ji'opoeûvei; w, d'après G. Hermann. — 1170=1180 paraît être un élément iambique de douze brèves. — Dans les éditions de Kirchhoff et de Nauck, 1172 n*est pas l'équivalent de 1188. Le vers de l'antisirophe ne peut pas être un trimèlre iambique. Wecklein écrit : icplTcei y "«^^e ÔTip àypauXo; 966Y) : dimèlfe dochmiaque. — 1173 = 1189: tétrapodie iambique. — 1 1 74 est mutilé, il doit cti'e identique k 1190, qui est logaédique; Wecklein : XIovto; oupiêata v£ov iviv. -^ 1176 = 1191, tripodle trochaïque calalectique. — ii77'9' 1180= ii93,5,G : éléments logacdt queSi — 1181 = 1197 : télramùlrcs bacchiaques.
LES COMMOI.
Chaque strophe est divisée en dix-sept parcelles. Bien que le nombre soit impair. Agave dans l'antistrophe ne répond pas au chœur, ni le chœur à Agave, parce que cette dernière chante deux couplets de suite, l'un qui finit lai» strophe, l'autre qui commence l'antistrophe. Euripide n'aime pas que ses personnages se substituent les uns aux autres, ni que le chœur joue dans les antistrophes le rôle des acteurs. Cet artifice se rencontre presque exclusivement dans Sophocle. Ici d'ailleurs le morcellement extrême des vers et la multitude des reprises auraient rendu un pareil échange particuHèrement difficile.
Ce thrène si divisé est placé dans un des endroits les plus dramatiques de la tragédie. Agave arrive du Cithéron ; la fureur de Dionysos la possède encore tout entière. Elle porte au bout de son thyrse la tête de son fils, que dans son défire elle prend pour celle d'un jeune lion. Elle est fière de sa capture et s'avance radieuse. Le chœur essaie de la ramener au bon sens par une voix détournée : il lui parle de Penthée, mais la malheureuse mère est teUement sous l'empire du dieu, que loin de soupçonner l'horreur de son action, elle prétend que son fils va l'en féhciter. Cette scène atroce S qui devait produire un grand eflet au théâtre, est préparée avec soin dans les derniers vers du messager 3.
Tels sont les thrènes entièrement chantés qui appartiennent au genre antistrophique. Ils ont été usités à toutes les époques, et par chacun des trois poètes. Le premier en date est de 472, et le dernier a été chanté après 4o6. L'égalité générale se dissimulait dans le nombre de leurs parcelles : Euripide avait dû le remarquer, pour les employer comme il l'a fait.