‹ Théorie des formes lyriques de la tragédie grecque [microform]Chapitre 138 sur 250 · Cf. Plutarque, Crassus, XXXIIL Satires, II, 3» v. 3o3 sq · texte numérisé non relu

Cf. Plutarque, Crassus, XXXIIL Satires, II, 3» v. 3o3 sq

îïi Bacchantes, 1139-49.

Allusion à la scène d'Euripide dans Horace,

d'elles avait une valeur particulière. Le Commos épirrhématiquc suppose pendant toute sa durée une tranquillité relative sur la scène et dans l'orchestre, puisque des deux partis opposés, qui exercent toujours l'un sur l'autre une influence réciproque, celui à qui le chant est réservé n'est pas assez ému pour forcer l'autre à chanter comme lui, tandis que les thrènes entièrement lyriques trahissent une agitation presque égale chez les acteurs et les choreutes.

Or, il devait arriver, surtout si le Commos avait une certaine longueur, que les sentiments d'un des deux camps variaient et n'étaient plus les mêmes à la fin qu'au commencement. Dans le perpétuel mouvement, dans les fluctuations continuelles de la vie tragique, l'un ou l'autre pouvait abandonner ses positions: l'émotion de la scène envahissait l'orchestre et s'emparait de ceux qui l'occupaient ' ; l'effroi soudain de l'acteur éclatait en paroles incohérentes et faisait place, à cause de sa violence même, a un sentiment plus calmer. Les incertitudes douloureuses et les angoisses hésitantes se fondaient en une prière passionnée à la divinités. Toutes les alternatives étaient possibles.

Les poètes grecs les traduisaient par des changements de mètre. La marche des vers se précipitait ou se ralentissait avec la marche des idées. Ils faisaient encore mieux. Les variations intérieures des sentiments modifiaient la forme extérieure de l'enveloppe qui les contenait. Un art si simple et si ingénieux mérite d'être étudie avec attention, parce que l'on a rarement exprimé, jusque dans les contours brisés bien que symétriques du poème, la mobilité et l'inconstance de la pensée humaine.

A. COMMOI ÉPIRRHÉMATIQUES ET LYRIQUES.

La progression est ascendante : l'émotion grandit, elle déborde de l'âme du chanteur et finit par entraîner celui qui l'écoute. 11 existe deux thrènes de ce genre, l'un d'Eschyle, l'autre de Sophocle. Le premier a été joué en 458, une vingtaine d'années avant le second.

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