‹ Théorie des formes lyriques de la tragédie grecque [microform]Chapitre 177 sur 250 · Supra, p. m sqq · texte numérisé non relu

Supra, p. m sqq

la maladresse du serviteur, auquel Héraclès avait ordonné dans A de le laisser étendu à terre. Phrases courtes et exclamatives ; questions pressées :

Ha (JLCU tj^austç ; xoï xXfveiç ;

àvaxéipoçaç 0 Tt xal [autyj.

B' (i'* partie: 1026- io3o): Nouvel accès de souffrance provoqué par la maladresse d'Hyllos, auquel Héraclès avait ordonné dans A de rétendre sur le côté. Même type de phrases ; même longueur et même forme de mots :

6pwG)C£i c'au, Gpwoxei Seivà S'.oXouc' ^[l'Oiç à7:0T{5aT0ç àr^^pict véîoç.

B(2* partie: 1009- ioi3): La douleur redouble; le héros appelle les Grecs. Ceux-ci, pour lesquels il a tant lutté, commettent un crime en ne mettant pas fin, en le tuant, a ses souffrances :

*H7rcai \j.o'j, tctotoT, ^5* a3e* epret. -rréGev Ire*, w ::avTO)V 'EXXâvwv àStxwTaTot àvéps;, cuç cyj TToXXà [xev h TrévTw Y.%-:i ts Sp{a iràvia xaGafpwv (î)X6xi|/.av 6 TiXaç, xal vjv èzt TcoSe voœoOvti O'j T:Op, ojx 2y7,®Ç "f^b âv-Zj^ijjLGv o'jy, èTciTps'i^c. ;

B' (3* partie: io3i-io/»o): La douleur redouble: le héros appelle Hyllos; celui-ci ne commettra pas un crime en tuant son père qui Ten prie. (Développement opposé.)

"Ù IlaXXàç HaXXaç, xsîe {;.'«•> XwgâTat. tw zaîi, TGV çuuavT* ctxTip', àv£x{çGovov ei'puîjcv ly^cç» Tuaiacv i[Loiq bzo xXfJoo;* àxou o'a)rcç, w ix'è/éXwŒev

au-wç, wS' auTcoç Coq [A'wXecev . w yXuxùç ^'Aioaç...

Ainsi réquiUbre est gardé non seulement dans les vers lyriques, mais encore dans les pensées. La forme des strophes accuse la conduite des idées. Les mêmes rythmes tendent a traduire les mêmes faits.

LES CHANTS ALTERNES DES ACTEURS

On peut estimer que les plaintes d'un mourant sont trop inconscientes, pour s'accommoder d'une telle régularité. L'art réaliste auquel nous nous plaisons, et qu'Euripide avait déjà pressenti, s'ingénie à briser tous les moules dans lesquels on voudrait l'enfermer. Il est libre, incohérent; il aime les formes indécises ou heurtées, les arrêts et les emportements subits.

Est-ce à dire que Sophocle ait péché contre le naturel en choisissant une construction si harmonieuse et en donnant aux gémissements d'Héraclès une symétrie qui semble leur répugner? On a déjà vu qu'un des caractères particuliers de son génie, c'est de conserver à l'art tragique ses formes anciennes, en les voilant et en les dissimulant dans leur entrelacement ». Ce qui est vrai du Commos s'applique aussi à ce Trio. 11 faut une assez grande attention pour découvrir comment il est construit; il en faut une plus grande encore pour suivre et marquer dans ses détails la similitude des idées qui s'y cache. Sophocle parvint à une telle maîtrise de son art, qu'au lieu de l'étaler et d'en faire montre, il se plut à l'envelopper et à le dérober aux regards.

Ce Chant d'acteurs est, en résumé, écrit comme un chant de choreutes puisqu'il ressemble dans la suite et dans l'opposition des idées à un Stasimon. C'est là l'extrême différence qui sépare Euripide de Sophocle. Le premier donne tous ses soins aux [xeXr^ des uircxptTai, si bien qu'il lui arrive de dénaturer ses Stasima, par imitation des Duos ou Solos de la scène 2. Le second préfère à tel point les chants à l'unisson du chœur, que s'il attribue par exception des vers lyriques à ses acteurs, il réunit leurs strophes entre elles avec des liens aussi étroits que ceux de ses chants orchestiques. Néanmoins il a apporté un tempérament à cette régularité absolue. Comme il aurait été par trop peu naturel qu'Héraclès agonisant se plaignît dans des strophes et des antistrophes, qui se seraient suivies en s'opposant l'une à l'autre, il en a compliqué comme à plaisir le dessin rythmique. Ainsi l'équilibre entre la forme et les pensées est conservé intact, mais on ne l'entrevoit plus qu'avec peine.

I. Voir, p. i37 sqq., le paragrraphe où sont étudiés les Commoi éoirrhématiques entrelacés,

a. Cf. p. laa sqq. (

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