P. Decharme, op. cit., p
de ce que j'appellerai, faute d'une dénomination meilleure, les Chants dialogues des choreutesi. Les strophes qui les composent sont divisées en plusieurs parcelles, qui sont attribuées aux Y;[xix6pia, aux «JTor/ct, aux ^uya, ou même à des voix isolées de l'orchestre. Le Stasimon, on le sait, était au contraire chanté à l'unisson.
Pouvait-il être remplacé par des strophes aussi morcelées? C'est l'opinion de Wecklein», que ne partage pas Arnoldts. On ne peut en effet se déclarer sans réserves, ni dans un sens, ni dans l'autre, et je suivrai encore une fois une méthode rationnelle pour les distinguer.
Tous les Chants dialogues d'une seule strophe, tous ceux qui ne sont point à un arrêt de l'action, ne peuvent pas avoir une telle importance. Ainsi le morceau dochmiaque des choreutes dans la Médée n'était pas un Stasimon^. Ceux-ci viennent d'apprendre de la bouche de la malheureuse qu'elle va tuer ses enfants, et quitter le pays au plus vite 5. Ils sont dans l'attente de ce qui va survenir. Loin d'être arrêtée, l'action se précipite vers l'issue du drame. Au contraire, les deux chœurs des Suppliantes^ et de l'/on? en tenaient lieu. Dans la première de ces pièces, la bataille se livrait entre Thésée et Adrasle, selon une coutume du théâtre grec, que les invraisemblances n'effrayaient pas. Thésée était proclamé vainqueur, quand se taisaient les choreutes». Dans l'autre, l'Épisode était terminé, puisque Xuthos, après avoir trouvé enfin un fils, allait s'asseoir avec lui dans un banquet.
Je ne sais si l'on pourrait citer quelque autre chant de cette nature dans l'œuvre d'Euripide, qui soit placé après ce que nous appellerions un acte. Néanmoins je n'ai pas cru devoir, dans un livre où j'étudie
I. Ce sont les Wechselgesànge, ou Wechselreden d'Arnoldl. (Die chorische Technik des Euripides, Halle, 1878, p. 3a). O. Mùller les appelait des Kommatika. (Eumenidcn, Gôtlingcn, i833, p. 84.)
a. Ueber den Vortrag der tragischen Ch'ôre, dans la Zeitschrift f. d. Gymnasîalwesen, 1878, p. /igi sqq. Or, le Stasimon III de 17/éradès d'Euripide (763-814) est précédé d'un de ces Chants dialogues. Ils ne se confondaient certainement pas l'un avec l'aulrc.