Iphigénie à Aulis
veut nous parler de Paris, berger de ces montagnes, qui, selon lui, est l'auteur primordial du prochain sacrifice de la jeune fille.
Lancé dans les souvenirs mythologiques, Euripide s'arrête toujours difQcilement. Le jugement des trois déesses lui fournissait un développement commode; il n'a garde de l'oublier. Ses lecteurs lui en auraient volontiers fait grâce.
Dans les vers suivants', il revient au sujet. Iphigénie déplore son sort, mais comme si elle craignait de nous attendrir, elle se perd de nouveau dans une digression. Les Grecs, la flotte, l'Euripe, Aulis et les vents contraires lui inspirent quelques malédictions emphatiques et sonores, mais elle s'épuise et semble perdre haleine. Elle paraît même ne pas expliquer avec une clarté bien lumineuse toutes les directions que peuvent prendre les souffles des vents que Zeus envoie sur la vie humaine. Elle doit se sentir fatiguée, et l'on prévoit qu'elle n'ira pas loin.
Sa conclusion est meilleure 2 : les hommes, êtres éphémères, sont voués par la fatahté à un destin misérable, et les Grecs ont été perdus par la fille de Tyndare. Encore ne nous dit- on rien sur les sentiments du personnage qui chante. Nous aimerions assez à savoir dans quelle disposition d'esprit il marche à la mort.
Quelques-unes de ses plaintes, en effet, sont inquiétantes. Iphigénie nous parle un instant de l'impiété d'Agamemnon, du crime impie qu'il va commettre :
4>oveuojji.at SiiXXujxat
Nous ne reconnaissons plus la douce jeune fille, pleine d'une soumission douloureuse, qui suppliait tout à l'heure son père de lui donner un regard et un baiser, pour qu'elle emportât au moins ce souvenir de lui dans la mort 4. Dirons-nous que ce beau passage est en trimètres, tandis qu'Iphigénie est emportée ici par l'élan facile des