Seconde Monodie d'Hécube, i54 sqq
5. Le chœur est composé de captives troyennes, qu'il ne faut pas confondre avec les femmes sur lesquelles la vieille reine s'appuie en marchant. Cf. 09 sqq.
LES PARODOI.
fille, aux mânes d'Achille». Celte nouvelle provoque les lamentations de l'infortunée, auxquelles vont bientôt s'unir celles de la future victime 3. une des plus nobles vierges du théâtre antique. Qu'auraient pu chanter les choreutes qui intéressât le public athénien, quand aujourd'hui toute notre attention se concentre à la lecture sur le groupe qu'Euripide a posé avec tant d'art au milieu de la scène : d'un côté, la vieillesse que l'infortune accable; de l'autre, la jeunesse qui regarde venir la mort, les yeux calmes et la tête haute 3? Le chœur lui-même est invité à contempler ce spectacle en silence, car le pathétique ainsi conçu ne saurait plus être exprimé dans ses chants. C'est donc l'importance des personnages tragiques qui a déformé cette Parodos, où les vers de l'orchestre sont remplacés par un Duo alterné. De là à faire intervenir l'acteur lui-même dans le premier chant du chœur, il n'y avait qu'un pas. Eschyle l'avait déjà franchi.
B. L'ACTEUR LNTERVIENT.
En réalité, le type nouveau que je vais étudier pourrait être rejeté dans le quatrième chapitre de cet ouvrage. Néanmoins, je ne crois pas qu'il soit déplacé en ce lieu-ci, puisque l'entrée du chœur, qui se fait sur la scène ou dans l'orchestre, y est expressément indiquée, ce qui
T. Cf. 107 sqq.
a. Duo asymétrique do Polyxène et de sa mère, Hécube, i54-2i5. 3. IbiJ,, 303 sqq.
FIAS. 03x£ti (T'îi îraî; a«' ouxIti Syj Yr,pa csiXato) OciXaia
0"JVSO'JA£'J(TW.
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TcxXaiva xsiVojxoct.
Vers faciles, écrits peut-être un peu vile, mais pleins de ce pathétique gracieux où Euripide excelle. La mort elle-même, que nous avons entourée de tant d'horreur et de mystère, ne trouble pas le limpide res:ard de Polyxène. Elle succombe, au milieu des soldats {?recs, courageuse comme une héroïne, et pudique comme une vierge chrétienne. La Cymodocée des Martyrs, qu'Eudore a couverte de son manteau, afm de dérober aux yeux des spectateurs les charmes de la fille d'Homère, est même moins véritablement chaste dans ce suprême instant que la vierge païenne, qui met à nu devant le sacrificateur ses seins, sa poitrine, sa beauté de statue, et qui tombe, en prenant soin de cacher aux yeux des hommes ce qu'ils ne doivent pas voir.
n'a pas lieu dans le Commos ordinaire, par le mètre anapestique. J'insisterai donc, encore une fois, plutôt sur le défilé choral que sur la forme thrénétique. Il suffira de remarquer que toutes ces Parodoi, sauf une seule, rentrent dans le genre antistrophique : le défilé des personnages, maintenu par l'esprit conservateur des poètes, a sauvegardé l'équilibre traditionnel.
a) GENRE ANTISTROPHIQUE.
Les strophes lyriques, que séparent ou non des épirrhèmes, sont précédées d'anapestes, récités ou chantés par l'acteur, pendant lesquels le chœur s'avance. Ce genre de Parodos, où les tragiques se sont ingéniés à découvrir des combinaisons nouvelles, se trouve dans le Prométhée d'Eschyle, dans la Médéc et les Troyennes d'Euripide, et avec quelques modifications dans le Rhésos.
Prométhée: i 14—192».
Mètres divers que terminent des Anapestes : Prométhée.
A : Chœur, a : Anapestes : Prométhée.
Le lyrisme du Prom^/A^e a présente plusieurs anomalies. 11 en faut déjà noter deux ici : dans toute l'œuvre subsistante de son auteur, c'est le seul premier chant du chœur où la scène intervienne, et le seul Commos où les épirrhèmes anapestiques soient inégaux. Cependant l'arrivée des Océanides, de quelque manière qu'il faille l'imaginer, semble avoir encore été accompagnée, comme dans les tragédies anciennes, par le mètre qui réglait souvent les mouvements orchestiques ou scéniques.
I. AA*: 137-135 = i45-i5i : strophes logaédiques d*un caractère particulier et qui appartient à un art postérieur; cf. R. et W., p. 691 sq. Le scholiastc, suivi par Bergk, Griech. Lit., lll, p. 3i4, n. loi, voit dans ces vers des ioniques. On peut facilement s'y tromper. — BB* : 160-6= 179-86 : mélange d'éléments iambiques, daclyliques et logaédiques. — Tous les épirrhèmes sontinégaux,a=9, P = 8, y — ia.ô=7 éléments.
a. Cf. Th. Heidler, De compositione metrica Prometheifabulae Aeschyleae, Diss. inaug., Breslau, i884. L'auteur est de l'avis de Westphal, qui a prétendu que la métrique de cette pièce, comparée aux autres tragédies d'Eschyle, doit être d'une date postérieure.
LES PARODOI.
Kratos et Hcphaistos se sont retirés, après avoir cloué Prométhée sur un rocher, en Scythie». Le patient rompt enfin le silence. Il ne chantait pas les admirables versa, où il prend à témoin la nature des tourments que les dieux infligent à sa divinité. Ces trimètres étaient peut-être accompagnés de la flûte, car l'émotion du Titan croissant à mesure qu'il en exprime les raisons, il passe à un mètre plus vif, l'anapeste^, dont cet instrument soutenait le débit. Le dieu se calme vite en songeant à l'avenir qu'il connaît, et à l'inutilité d'une lutte contre le destin. Il a dérobé le feu céleste, il en a fait présent aux mortels, il lui faut subir cette torture 4.
C'est alors qu'il entend un bruit dans les airs, et qu'il perçoit un parfum indéfinissable 5. Il marque son étonnement, où la frayeur se mêle, par des exclamations, et emploie aussitôt des rythmes plus agités 6. Il ne sait pourquoi viennent les êtres inconnus, qu'il entend s'approcher; mais, comme il finit par un assez long système anapestique 7, il est permis de croire qu'il s'en sert parce que les Océanides arrivent sur la scène. Un vers où il les interpelle vaguement» autorise à supposer qu'elles commençaient à être assez près de lui, pour pouvoir l'entendre. Il va même jusqu'à décrire avec assez de précision le bruit qu'elles font dans leurs mouvements, pour que l'on admette qu'elles étaient alors sur le point de paraître sur le théâtre, si elles n'y étaient déjà parvenues. Ainsi l'introduction anapestique, partie essentielle, n'est plus attribuée comme ailleurs au coryphée, mais au protagoniste. Cet acteur s'est aussi emparé des épirrhèmes. Ces changements, comme il est facile de s'en rendre compte, étaient nécessités par la mise en scène de la tragédie. Le Titan, cloué sur son rocher, ne pouvait pas manquer d'annoncer l'arrivée des filles de l'Océan, par un mètre approprié. Comme le chœur entre dans le théâtre par le Aoyeiov^, où