Médée, 127a = 128a
être contrebalancé par jjLéXet, ixéXei». Au contraire le Tivufxevai îixav, Tiv6[A£vai çévov de Y Oreste a dans le si pesant xaioXoçupoixai, xaToXo^upoixat un contrepoids trop fort 2. Il aurait fallu raccourcir de deux syllabes la taille démesurée de ce verbe et le faire suivre d'un complément iambique. Euripide n'a pas travaillé la facture de ses strophes avec le soin méticuleux de Sophocle et d'Eschyle. L'examen des détails le prouve. Rien, pourtant, ne doit être indifférent à celui qui vise à la perfection.
DU RAPPORT DES IDÉES EXPRIMÉES AVEC LA FORME EXTÉRIEURE QUI LES CONTIENT.
J'ai toujours essayé de préciser quelle est l'influence de la forme lyrique sur les pensées qu'elle renferme, ou plus exactement, car l'idée n'était pas indépendante de la forme, quelle est la connexité de l'une et de l'autre. Faut-il donc admettre, puisque les Stasima furent toujours semblables à eux-mêmes, que l'art des développements qu'ils expriment fut aussi immuable que leur construction ? Qui le supposerait un instant connaîtrait mal la souplesse du génie grec. Sans doute, le vêtement tombait en plis réguliers sur le corps qu'il couvrait, mais il ne le gênait pas dans le libre jeu de ses articulations et de ses muscles. De plus, malgré leur parité générale, les strophes d'Eschyle ne sont pas faites exactement comme celles de Sophocle, ni celles de Sophocle comme celles d'Euripide. J'ai du moins tenté de le montrer. Il reste à voir comment ces différences intimes se retrouvent dans la conduite des pensées.
a) ESCHYLE.
Il faut de longs tâtonnements et des années d'étude pour tirer d'une forme d'art, quelle qu'elle puisse être, le parti le plus avantageux et