‹ Théorie des formes lyriques de la tragédie grecqueChapitre 151 sur 230 · COMMOI ÉPIRRHÉMATIQUES · texte numérisé non relu

COMMOI ÉPIRRHÉMATIQUES

Un seul et même personnage chante les vers lyriques. Il ne réeite pas une syllabe. Les épirrhèmes sont attribués le plus souvent au coryphée, auquel se joint quelquefois un autre acteur. Les strophes sont inégales, les épirrhèmes aussi. La chronologie montre que d’abord ces derniers étaient composés d’au moins un trimètre complet; plus tard, l’imitation croissant, le coryÿphée ou l'acteur n'eut plus assez de temps ni de sang-froid pour l’achever. Il récitait donc quelques mots, qui forment les premiers pieds du vers, et, si l'émotion ne l’empêchait pas de continuer, le chanteur lui coupait souvent la parole.

Hécuse : 684— 20".

À : Hécube. «:Servante: B:Hécube. $ : Chœur.

T: — 5 PT A: — à : Servante.

E: — e : Chœur. Lies 6 : Chœur.

Ce Commos est joué au moment où l’esclave découvre à la malheureuse Hécube le corps de son fils Polydore, que le roi de Thrace a fait tuer et jeter à la mer. Il se compose de sept strophes, qui sont toutes attribuées à la veuve de Priam. C’est le personnage le plus ému. Les épirrhèmes sont partout des monostiques. Euripide suit donc la technique usitée dans l’ancien thrène d’Eschyle; mais pour apporter un peu de variété dans la monotonie qui le déparait, il attribue les trimètres à deux personnages. Jamais le vieux poète ne s'était permis cette liberté pourtant fort restreinte.

Euripide, SUPPLIANTES : 1072 — 10792.

A:Chœur. a:lphis. B:Chœur. 6: Iphis.

1. À: 684-7; B : 689-92; L': 694-7; À : 699-700; E: 702-7; Z : gro-711: H: 714-20 : strophes iambo-dochmiaques. g

2. A: 1072; B: 1074-65; T'! 1077-9: str. dochmiaques, mélangées d’iambes, isolés ou groupés en dipodies, — &, f : monostiques iambiques.

LES- COMMOI. 205

Evadné, épouse de Capanée, vient de se jeter, quelque temps après sa Monodie, dans le bûcher où l’on brülait le cadavre de son mari. Son père, Iphis, défaille”à ce spectacle. Le chœur déplore avec lui son infortune.

Jusqu'ici les épirrhèmes sont partout formés de monostiques. À cause de la rapidité de l'exécution, il pouvait arriver, comme je l'ai dit, qu'un personnage n’eût pas le temps de prononcer les six pieds du vers. Il faut bien se garder de confondre les quelques iambes qui lui sont attribués avec les vers lyriques des autres acteurs. Les uns étaient chantés, les autres récités. C’est une faute qui a été commise par de nombreux éditeurs.

HÉRAGLES : 887 — 9211,

À: Chœur. a: Amphitryon. B:Chœur. 6 : Amphitryon. FT: — & — A: — à: —

E: — £ : — L: — 6 : Messager.

H: — n : Messager. 8: — | or Te (2 — Er =

Ce long Commos nous montrera encore une fois que dans les

1. Pour le texte, je suis Wilamowitz, Herakles, II, p. 31 et p. 212 sqq. — J’attribue, avec A. Kirchhoff et Nauck, le dochmiaque 4 pot wédeos à l'orchestre. A : 887-090 : cinq dochmiaques (il semble qu’il faut écrire le second : yévos #yovoy adtixx), que suit un élément logaédique, si le texte est en bon état. — B : 892-3 : un trimètre iambique et une tétrapodie dactylique.— T : 894-5 : mélange d’iambes et de dactyles. — A: 896-9 : il faut encore se Éardet d'ajouter le ôdrov toûe du chœur au fragment de trimètre de l'acteur. Ad1oy toûe Garov forme un glyconique que suit le dochmiaque uEdos émavheirar. — E : 901-3 : cinq dochmiaques ; au vers go1 : yeouôv, Dindorf. — Z : 907-9: trois bacchiaques, précédés d’une exclamation dissyllabique; un dimètre jambique. Ce qui suit est rythmiquement égal à 899; cf. Wilamowitz, loc. cit. — H: 910: àvaxaneïs viva 1e tva Body (Nauck), un dochmiäque, précédé d’un pied de cinq unités de durée : crétique. — © : 911 : pévrev 094 Étepov &£oua, même valeur rythmique.— ]: 916, 5 : encore ici, il faut séparer ôdzot o6vot de ce que récite l’acteur, - ct lire duos oévor duo GE voxéwy yépes: deux dochmiaques précédés d’un .crétique; cf Het'9: —K: 1962 sepf de: 5 cf. Wilamowitz. — Voici les épirrhèmes d'Amphitryon * «: {à créyar. — LE 1 Êopor. — y: gUYÉ réuv', éEopuète. — Ô: œiai LAADY. — E : 100%, 1205, (PENTA EE ôœua, suprirre STÉYN = un trimètre, précédé de deux iambes.— Du monpager: E d hevxù vhpzx sua .— n: dhaotu Tav dopotot. — 6: oxevdlel" wc ovevaté. — 1: oÙx Év vus éfmot kdo À merévOauev. — Les derniers épirrhèmes des deux acteurs forment chaque fois un trimètre; les autres ne sont composés que des premiers pieds de ce vers.

formes libres de son lyrisme, Euripide n’a jamais fait chanter qu’un seul personnage de la scène ou de l'orchestre.

Le malheureux Héraclès, après s'être vengé de Lycos, est frappé de folie. Il massacre ses enfants sans le savoir. Le palais s'écroule. L'agitation du chœur est très violente. Amphitryon ne prononce que des exclamations de douleur, qui sont toutes iambiques. Le messager luimême est trop ému pour commencer la description de la folie et des meurtres du héros. Il se borne à réciter quelques iambes qui doivent chaque fois être regardés comme des trimètres incomplets ou entiers. Ses premières paroles :

20 Sanaa HER = r 1 Q Aeuxa Yhex cuuaTu!,

forment l'épirrhème du sixième xoupdérioy de l'orchestre. Quand ce personnage commence à,recouvrer son sang-froid, il parvient enfin à achever un vers:

Oùx dv ris elnot AAA OV À TerévOape 2.

C'est le seul monostique complet qui lui soit attribué. On sent bien

dès lors qu'il est assez maître de lui pour commencer bientôt sa

narration.

À : Chœur. «:Hécube. B : Chœur. £ : Hécube.

Et PTE A: — à EX CE DE

Tous les épirrhèmes, à part les exclamations qui en tiennent lieu, sont encore iambiques. Hécube récite, le chœur chante: l'opposition est très nette.

1. Héraclès, 910. La dernière voyelle de cwura s’élide sur le crétique qui suit.

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