‹ Théorie des formes lyriques de la tragédie grecqueChapitre 152 sur 230 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

3. A: 1216-7: trois dochmiaques, précédés d’une double interjection de mesure douteuse, que suit un iambe.— B: 1226-9 : une double interjection dissyllabique, une tétrapodie trochaïque catalectique et deux monomètres dochmiaques. — [' : 1230: un monomètre dochmiaque : iæxyov vexp@v. — A: 1231: un dimètre dochmiaque. — E: 1235-6 : deux tétrapodies iambiques catalectiques, que suivent quatre syllabes, : formant probablement un monomètre dothmiaque. — Z : 1239 : un dimètre dochmiaque; il manque cinq unités de durée en tête du vers. — à: huit trimètres iambiques. — $, y: interjections. — 0 : trois trimètres iambiques, — é : tétrapodie iambique,

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On vient d'apporter ce qui est nécessaire pour ensevelir le cadavre d’Astyanax; le chœur et Hécube pleurent et se lamentent. Contrairement à l'usage, c’est au coryphée et non au personnage le plus ému que sont attribués les vers lyriques.

La substitution a peut-être été motivée par une raison matérielle. Après le discours qu’il venait de prononcer sur le corps du fils de Priam ‘, l'acteur devait être fatigué. Cette longue tirade n’exigeait pas, il est vrai, de grands éclats de voix, mais cette plainte gémissante et voilée qui, sans aucun réalisme, arrive par degrés à un pathétique si poignant, demandait au protagoniste un effort contenu beaucoup plus pénible que les grands cris de nos drames. Aussi dans le Commos qui suit ces vers, Euripide n’a-t-il donné à son acteur qu’un rôle subalterne. Dans le thrène qui termine la tragédie ?, au contraire, le même artiste, après quelques instants de repos, chante aussi bien que le coryphée.

Le texte de Nauck, dans l'exemple suivant, a besoin d’un léger

amendement.

Ion : 764 — 7083.

A : Créuse. a : Pédagogue. B : Créuse. £ : Pédagogue. PET: — A: — 3; Pédagogue. Chœur E: — e:Pédagogue. Chœur. Z: — £: — — in 1 es ": — = 0: —

Créuse chante. Le second acteur ne peut donc pas, lui aussi, chanter le seul mot Oiyareo, qui, avec ce qu’ajoute son camarade, formerait

1. Troyennes, 1156-1206, Suit un distique du coryphée. Puis vient la phrase de l’adieu suprème : 1209-1215,

2, Ibid., 1287-1332, 3. A: 764; cf. Fix: un dimètre dochmiaque, précédé du crétique cuupopds. — L texte de A. Kirchhoff, bien que différent, peut aussi être approuvé. Créuse ne laisse pas au pédagogue le temps de finir son trimètre. Elle chante un dochmiaque, précédé d’un crétique : & tékatv' éyd ouupopäs. — B : 766-8 : trois dochmii précédés de deux exclamations dissyllabiques de mesure douteuse. — l' : 769 : tripodie dactylique catalectique. — A:-770 : idem. — E: 776,7: trois dochmii. — Z : 982-3 : trois dochmii. Il manque une brève au second, Dindorf: «v'.— H: 78g-91: cinq dochmii. Il faut écrire #46 avec Schmidt, — @ : 796-8 : cinq dochmii; le dernier est précédé d’une tripodie trochaïque catalectique, qui n’est pas autre chose au fond qu’un dochmius, dont la première partie est à contrétemps; cf. Christ, Metrik, p. 441 sq. — à, 6, y:

fragments de trimètres. à. a &, n : doubles distiques:

un monomètre dochmiaque. Fix paraît avoir trouvé la vraie solution.

Le premier vers, qui est récité, est ainsi coupé dans son édition :

KP Que Odvoux. MAL. OGyarep. KP. *Q réa” ëyw.

Le thrène commence après ce trimètre. Sa régularité est parfaite, bien que le type primitif aille toujours en s’altérant. C’est la première fois que les épirrhèmes sont formés tantôt de fragments de trimètres, lantôt de doubles distiques récités par la scène et l’orchestre. Néanmoins l'alternance essentielle des vers lyriques et des iambes est

toujours maintenue avec soin.

IrrmiGÉéNIE EN TAURIDE : 643 — 561. -

À : Chœur. x : Oreste. B : Chœur. 8 : Pylade. Tir —

“Weil et Nauck regardent ce thrène comme antistrophique; chez Kirchhoff et Schmidt, il est asymétrique. Je suis de l'avis de ces derniers. Si l’on veut que la seconde strophe réponde à la première, il faut admettre qu'un crétique est tombé après Sav{s. En second lieu, si un tel équilibre existait, le trimètre de Pylade répondrait fort difficilement à celui d'Oreste. Dans le thrène épirrhématique eschyléen, dont on aurait une copie d'autant plus improbable que cette tragédie a élé composée après 415, le personnage qui récite les iambes n’est jamais remplacé par un autre: il est toujours seul. Enfin la strophe finale ne pourrait être considérée comme une épode, puisque dans de telles constructions, il n’en est jamais fait emploi. :

Je ne veux pas dire par là que cette forme lyrique ne se rattache pas à celle qui plaisait tant à Eschyle. Dans le développement extérieur de la tragédie, tout s’enchaîne et se suit logiquement. Euripide a donc gardé l'alternance régulière du chant et de la récitation modulée ; seul l'équilibre des vers lyriques et des iambes a été abandonné.

1. À: 643-5: un dimètre dochmiaque, Ce qui suit est iambique. Si l’on veut qu'après faviot il manque un crétique, on peut accepter la correction de H. Weil, qui paraît plausible. — B : 647-9: un dimètre, un monomètre dochmiaques, suivis d’une tripodie iambique. — l': 651-6 : un monomètre dochmiaque, une tripodie iambique, quatre syllabes longues de mesure douteuse, une tripodie iambique catalectique et deux dimètres dochmiaques,

dl

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BAGGIYIANTES : 1031 — 1042 !.

À : Chœur. «: Messager. B : Chœur. £ : Messager. FR PRRReS LE — là QE

Le messager vient d'annoncer la mort de Penthée. Le chœur des Bacchantes reconnaît dans cetle mort l'œuvre du puissant Dionysos et il se livre à la joie, au grand scandale de son interlocuteur.

Il 'est pas certain, comme semblent le croire la plupart des éditeurs, que le vers 1036 ne nous soit pas parvenu tel qu'Euripide l’a écrit. Le chœur peut très bien ne pas laisser le messager réciter en entier un monostique. Dans ces sortes de chants, on a commencé par intercaler entre les strophes des trimètres entiers, puis des fragments de ce vers. Le sens est satisfaisant avec les quatre iambes que les manuscrits attribuent à l'acteur.

Ainsi quoique appartenant à la dernière tragédie d’Euripide, ce Commos est encore régulier : l'acteur récite quelques iambes, après chaque couplet du coryphée, et ne chante pas une syllabe.

La règle n’a été qu'une seule fois violée dans un passage des Phéniciennes. Créon est en scène. Il a rapporté dans ses bras le cadavre de son jeune fils Ménécée. Un messager survient à l’improviste qui lui annonce, dans un monostique, la mort de ses deux neveux, Étéocle et Polynice. Suit alors le Commos dont voici le dessin:

À : Créon. àx:Chœur. B:Créon. 8: Messager. Chœur. Messager. T : Chœur.

1. A :1031. Nauck propose : Bpôpu 'évuË, Deds où œuiver uéyas. Wecklein : "Avas, & Bpé-

pue ed puiver séyas. De quelque façon que l’on retouche le texte, il faut rétablir le

dimètre dochmiaque. — B : 1034-5 : deux dimètres dochmiaques. — F : 1037-8, le texte doit encore être corrigé, car malgré Schmidt, Monodien, LXXII, il n’est pas possible que le mot Awyvooc ait deux quantités différentes, surtout s’il est répété. Wecklein propose : 6 Atévuooc 6 Atdç mate, où On6at, mais la règle de Weil serait violée. Je préfère donc le téxte de Dindorf : 6 Atbvycos 6 Aubç, oùxétt 06. On a de toute façon un dimètre ef un monomètre dochmiaques. — A : 1041-2 : deux dimètres dochmiaques. — a: un distique iambique. — f : une tétrapodie iambique. — y : un distique jambique. 2. Dimètres dochmiaques et trimètres iambiques. Seul le vers 1350, où le coryphée ordonne au chœur de se lamenter, quand le messager vient d'annoncer la mort de la sœur de Créon, est un dimètre iambique. — @: un trimètre. — 8 : trois trimètres,.

Créon, qui chante la première et la deuxième strophes, devrait aussi chanter la troisième. On ne peut cependant pas la lui attribuer. Le coryphée seul a le droit de donner des ordres aux choreutes.

La raison de cette substitution est encore visible. Aussitôt après la nouvelle de la mort d'Étéocle et de Polynice, le messager en annonce une seconde. Il s'adresse toujours à Créon: Ta sœur Jocaste, lui dit-

il, est morte sur le cadavre de ses deux fils: Tébvnx” &dehph on dvoiv raldotv péta 1.

A ce dernier coup, Créon reste muet de saisissement. Les spectateurs attendaient de lui une nouvelle strophe, mais il est si bouleversé par cette mort imprévue, que le coryphée est obligé de le suppléer. Ce jeu de scène est intéressant et mérite d’être remarqué. Créon se tait à contre-temps, et son silence plein d’accablement produit un effet tragique.

Ainsi, bien qu’au premier coup d'œil ces thrènes ne semblent présenter aucune symétrie extérieure, ils sont composés d'après une règle que l’on peut regarder comme immuable. Le personnage dont l'émotion est particulièrement excitée, est le seul qui ait le droit de chanter; les autres doivent se contenter de la rapaxara)oyñ. L'épirrhème a une longueur indéterminée; quelquefois il est composé de plusieurs trimètres, quelquefois aussi de quelques syllabes iambiques. Les strophes ont une longueur inégale, mais souvent leurs périodes rythmiques se ressemblent entre elles. Ainsi Euripide n’a conservé de la forme traditionnelle que l'alternance du chant et de la récitation qui en constituait l'essence.

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