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LAS M

LES COMMOI. 21I

Cinquante ans environ après les Perses, vers 420, l'équilibre ordinaire était délaissé, mais on continua encore de se servir des thrènes entièrement chantés, parce que l’on jugea que la scène et l'orchestre traduisaient ainsi avec plus de force la violence de leurs sentiments.

Au fond, Euripide avait raison contre la tradition quand, rejetant toute symétrie, il juxtaposait les différentes parties de ses Commoi, au lieu de les accoupler. Il s’affranchissait ainsi d’inutiles entraves; mais cette recherche d’un plus grand naturel fut contrariée par une influence regrettable, Au héros tragique se substitua bientôt le virtuose. Aussi les strophes ne furent-elles plus morcelées comme au temps d’Eschyle; elles s’allongèrent et ne tardèrent pas à ressembler aux Monodies.

HÉRAGLES : 1042 — 10851.

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J'ai divisé ce Commos d’après l’édition de Wilamowitz”. Les strophes se distinguent les unes des autres par des changements de rythme. La partie la plus morcelée est celle qui traite des meurtres qu'Héraclès a commis dans son délire. Euripide est donc encore fidèle à la bonne tradition.

1. À: 1042-6: cinq et quatre dochmiaques. — B : 1047-1053 : on commence par deux tétrapodies iambiques, suit un vers de trois membres, dont le dernier est régu-

lièrement iambique. (Cf. Wilamowitz, Herakles, Text und Commentar, p. 235.) On

continue par trois dochmiaques et un spondée. — F': 1054-6 : un tétramètre iambique catalectique; il est suivi d’un vers, formé comme le 1050, et l’on termine par un dimètre dochmiaque. — A : 1057-64 : strophe dochmiaque. — E : 1065-71 : quatre tétrapodies iambiques catalectiques, suit un vers de même valeur rythmique que le 1050; deux dimètres dochmiaques. — Z : 1072-80 : un tétramètre iambique, suivent quelques logaédiques et trois dimètres dochmiaques. — H: 1081-85 : un trimètre iambique, deux éléments logaédiques et deux dimètres dochmiaques.

2. La Parodos de l’Oreste, 140-207, peut en être rapprochée. C’est presque le mème sujet; la forme seule diffère légèrement, bien que dans les deux cas les xopyara soient toujours en assez grand nombre,

À Hélène. Chœur. HNC.-H:7C 275... 090-907 BE HOUTEE CN AC RE de et OO OUT LR SSSR Re NTI AR Re MODE 000

Nauck, qui suit G. Hermann?, croit que la première partie de ce thrène est antistrophique. Il est obligé d'admettre une lacune à un endroit où les idées ne sont pas interrompues. D'un autre côté, Rossbach et Westphal font remarquer que les iambo-trochées des Commoi ou des Monodies euripidéennes forment toujours des p£hn àrehehvpévas. On a encore été induit en erreur par la similitude des périodes lyriques.

Hélène, conseillée par le chœur, va demander à la prophétesse Théonoé si son époux est encore vivant. Elle augure mal de l'avenir. Le coryphée la réconforte. En quittant la scène, elle ne peut s'empêcher de déplorer dans une sorte de Solo le sort de Troie et celui des Grecs, qu’un vain fantôme a perdus. Cette fin surtout paraît défectueuse. Rien n'est plus monotone que certaines plaintes verbeuses des héros d’'Euripide. Ils font des antithèses et se plaisent, comme dans un bégaiement, à répéter leurs mots. Ces misérables artifices agacent le lecteur, qui dans ce flux de paroles et cette stérile abondance cherche en vain quelque idée touchante ou originale. Tout le lyrisme de l’Hélène, à part le Chant de reconnaissance, est d'ailleurs d’une banalité qui sent la décadence. L'extraordinaire aventure que le poète y raconte suppléait sans doute auprès du public à cette pauvreté.

1. À. B. D : iambo-trochées. Cf. R. et W., op. cit., p. 314 sqq.— T cependant n’esl iambo-trochaïque que jusqu’à 374; le reste est dactylique. Or, les chants dactyliques des acteurs d’Euripide sont faiblement écrits. Comparer la Monodie de Pélée dans l’Andromaque, et surtout celle d’Antigone dans les Phéniciennes. Infra, chap. VI, p. 272 et p. 292 sqq. La règle est à peu près invariable,

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