‹ Théorie des formes lyriques de la tragédie grecqueChapitre 163 sur 230 · Racine, Préface d’Iphigénie en Aulide · texte numérisé non relu

Racine, Préface d’Iphigénie en Aulide

Que pouvait répondre le mari à ces suprêmes paroles? Sa situation était assez embarrassante. C'était lui, après tout, qui avait accepté que sa femme mourût à sa place. Il aurait eu mauvaise grâce à se plaindre. Euripide, pour tourner la difficulté, a grand soin de précipiter sa réponse r. En glissant sur sa propre douleur, Admète ne fait pas trop penser à lui. Il reste presque inaperçu dans un coin de la scène, où il a raison de se dissimuler.

Peut-être sera-t-on surpris de voir Alceste, qui semble n'avoir plus qu'un souffle de vie, retrouver des forces soudaines, pour faire un long discours à son époux, et pour entendre de sa bouche de longues protestations de fidélité à sa mémoire2. C’élait une coutume des tragiques grecs, de faire chanter leurs personnages, avant d'expliquer dans des trimètres la raison de leur émotion 3. Les modernes procèdent autrement. Dans l’économie de leurs drames, ils suivent plutôt une marche ascendante, qui se termine par la catastrophe quand l'émotion, par une longue analyse, est arrivée progressivement à son comble. Il y a autant de convention chez les uns que chez les autres.

Deux acteurs prenaient part à cette scène; un seul chantait, l’autre récitait. Dans l’Andromaque, la complication s’accuse avec plus de force, puisque les strophes sont partagées chacune entre deux personnages, qui chantent six fois en alternant.

A : Andromaque. Molossos. And. Mol. And. Mol. x : Ménélas.

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