A — NE UE K
Thésée, qui arrivait pour porter secours à Amphitryon, ne sachant pas qu'Héraclès est revenu et que Lycos a été tué, aperçoit les cadavres des enfants du héros. Amphitryon lui apprend comment et par qui ces enfants ont été massacrés. Héraclès les entend, la tête voilée.
Celui des deux personnages qui est le plus ému chante; Thésée, qui interroge, récite des monostiques; mais comme les réponses qui lui sont données ne tardent pas à l’émouvoir, il arrive un moment où il n’est plus assez maître de lui pour réciter un trimètre entier. La symétrie de la construction lyrique diminue, tandis que s’accroît limitation.
= L4 : Pédagogue.
À : Antigone. a: Pédagogue. B : Antigone.
lé — E — A: — à : Péd. Ant. Péd.
E : — e: Ant. Péd. VE: — 6: Péd. Ant. Péd.
H : — n : Pédagogue. Ô — 0 : Pédagogue.
1° — t: Ant. Péd. Ant. K: — 4 : Péd. Ant. Péd. Me — À : Ant. Péd. M: —
1. A: 1178; B: 1180 : un dimètre dochmiaque. — [': 118:2-3 : deux dimètres dochmiaques. — A: 1185; E: 1187: une tétrapodie dactylique catalectique. — Z : 1189-90 : une tétrapodie dactylique catalectique et un élément logaédique. La transposilion de Wilamowitz dans son Herakles, Il, p. 4o et p. 257, n'est pas nécessaire, et le texte des mss. reproduit par Kirchhoff et Nauck s'explique aisément. Sans doute Héraclès n’a pas tué ses trois enfants à coups de flèches (cf. 977 sqq.), mais son arc était célèbre, et il était naturel qu’Amphitryon rappelât tout d’abord le meurtre commis avec ces flèches trempées dans le sang de l’hydre. — H : 1192-4 : trois dimètres dochmiaques ; le premier est formé de 16 syllabes brèves. — 0 : 1196-7: deux épitrites seconds, séparés par une pentapodie dactylique. (Wilamowitz.) — I : 1199-1207 : trois tripodies logaédiques. — K: 1203-1213: un crétique, un monomètre, un dimètre dochmiaques. Suivent des éléments logaédiques. Les dochmiaques reprennent au vers 1210, jusqu’à la fin. — Tous les épirrhèmes sont des monosliques, sauf y, à, e, qui ne sont composés que de fragments de trimètres. |
2. À : 103-5 : tout serait dochmiaque, si l’on retranchait xoë6z avec Heimsocth, —
L'irrégularité de ce Chant est vraiment remarquable. Les épirrhèmes sont récités tantôt par un, tantôt par deux acteurs. Une pareille construction ne viole néanmoins aucune règle. Antigone, qui chante, a le droit de se servir des trimètres, et le Gouverneur, qui récite, ne chante pas une seule syllabe. Il est d'ailleurs facile de voir pourquoi Euripide fait alterner le chant et les iambes dans la bouche de la jeune fille, tandis que tout le rôle du Vieillard est en trimètres.
Antigone, comme Hélène sur la porte Scée 1, veut voir, pour en connaître les chefs, l’armée ennemie qui entoure la ville. Le Gouverneur arrive le premier au faîte du palais. Quand il s’est assuré qu'aucun Thébain ne peut apercevoir celle dont il a la garde, il lui tend la main pour l'aider à monter. Le public entendait chanter la jeune fille, au moment où elle apparaissait à ses yeux. Ces détails de mise en scène sont gracieux et pittoresques.
Une très vive curiosité, mélangée d’une naïve frayeur, tel est le sentiment qui agite l'âme d’Antigone, quand elle vient contempler l’armée argienne, dont son frère est l’un des chefs. Il est donc naturel qu’elle commence par chanter. Au contraire, l’iambe convient au calme du Vieillard. C’est un homme circonspect, que le siège n’im-
B: 109-111: un monomètre dochmiaque, précédé d’une interjection dissyllabique. Suivent une tripodie anapestique et un monomètre dochmiaque. — F': 114-6 : strophe dochmiaque, — A: 119-122 : la clausule seule est dochmiaque, le reste paraît, être iambique, sauf 119, qui est logaédique. — E : 137-132 : un dimètre dochmiaque, un élément logaédique, un trimètre iambique (&otpwmos, Dindorf.), un monomètre dochmiaque. 131 : trimètre iambique, de même que 132, si l’on écrit, avec qq. mss. que suit G. Hermann: ioyayov; &Ahoc. Ces deux vers pourraient donc, ainsi rétablis, faire partie de l’épirrhème : : 133-4, qui serait alors tétrastique. — Z : 135-8 : deux tlétrapodies dactyliques, dont la seconde est catalectique, suivent un monomètre dochmiaque et un trimètre iambique. — H: 145-9 : un trimètré iambique, une tétrapodie logaédique à trois anapestes, suivent deux monomètres dochmiaques, séparés par un trimètre iambique. — © : 151-3 : une tétrapodie et un hexamètre dactyliques, un monomètre dochmiaque précédé d’un crétique. — I: 156-7 : un dimètre et un monomètre dochmiaques, — K: 163-9: une tétrapodie anapestique, une tétrapodie - logaédique à trois anapestes, suivent deux dimètres et un monomètre dochmiaques. Un trimètre iambique et-un dimètre dochmiaque, précédé d’un bacchius, ou suivi d'un crétique.,— A : 195-8: trois dimètres dochmiaques, 178 est corrompu, voir la note critique de Kinkel, Phônissen, Berlin, 1871. — M : 182-92 : une interjection dissyllabique, deux dimètres dochmiaques, un élément logaédique, une tétrapodie iambique, un dimètre dochmiaque, un trimètre bacchiaque, un dimètre dochmiaque, un monomètre dochmiaque suivi d’un crétique. On termine par trois x&)a logaédiques, où les dactyles sont fort nombreux. — 4: 3; B:2; y:2; d:4; ::2 ou 4; £:6 ri13 60:23: 5; x: 5; À: 3 trimètres iambiques.
r. Iliade, WI, 139-244. — Eschyle, Sept contre Thèbes, 375 sqq.
2/p2 FORMES LYRIQUES DE LA TRAGÉDIE GRECQUE.
pressionne guère. Il est là surtout pour donner la réplique. D'ailleurs, comme Euripide cherche ici la vraisemblance, pour se donner le malin plaisir de blâmer Eschyle d'y avoir manqué, il a grand soin d'indiquer comment cet homme a appris tous les renseignements qu’il va donner à sa jeune maîtresse : il est allé au camp d’Adraste, pour porter une proposition de trêve à Polynice;. il connaît donc les Sept chefs pour les avoir vus.
Le Duo, étant donnés les sentiments des personnages, est régulier jusqu’au vers 123, où la jeune fille, qui jusque-là avait chanté des vers lyriques, emploie elle aussi, des trimètres. En voici la raison : après les effusions où Antigone peint la frayeur de son âme, à la vue des casques d’airain dont la plaine étincelle, elle passe à des interrogations précises. Elle veut savoir les noms des différents guerriers, les lieux où ils sont nés : |
sors Tis TéÛev Yeyws;
abdasov, &'yepaté, tic évoudtetart;
Ce serait un contresens de faire usage des dochmiaques, le mètre des agitations vives, pour demander une réponse sur un fait précis : aussi toutes les questions véritables d’Antigone sont-elles faites en trimètres incomplets ou entiers 2.
® Quelques phrases interrogatives peuvent cependant être chantées : ainsi quand la jeune fille, après avoir appris où se trouvent Hippomédon, Tydée, Parthénopée, demande enfin où est son frère, elle chante d’abord les dochmiaques suivants :
: où d'êc épuot pus éyéver” Ex puurods ROUTÉVY polpas;
puis elle a) oute le trimètre :
Q qlArar’, einé, moÿ” art [loAuvelxns, yépov 4.
La première partie n’est pour ainsi dire pas une question. Notre ponc-
Le. Phéniciennes, 123,4.
‘2. Sur tous ces changements de mètre, H. Buchholtz a fait quelques remarques assez justes. Cf, De Earipidis versibus anapaesticis, Cottbus, 1864, Progr., p. 7 et 8, ‘3. Phéniciennes, 156 7 h. Ibid., 158.
tuation fausse le sens. L'idée principale exprimée par Antigone sous forme interrogative, c'est qu'elle est, malgré cette guerre impie, la sœur de Polynice. Son chant contient un gémissement sur ce frère né de Jocaste et d'OEdipe comme elle. L’infamie commune de leur origine, les querelles domestiques qui ont éloigné du foyer ce frère si malheureux, le lui rendent encore plus cher. Il y a des larmes dans sa voix quand elle commence à parler de lui. Au contraire, le trimètre iambique n’est qu’une simple interrogation. ;
La suite des idées est encore interrompue brusquement entre les vers 162 et 163, où Antigone passe des vers ordinaires au chant précipité des anapestes et autres rythmes. La sœur aperçoit son frère; il est loin; elle a peine à le distinguer:
IIAT. ‘Osäs; AN. ép@ dr” où cagüc, dû dE ru
popoñs TÜTuua ctéova T'Éénxaspévar.
Dès qu’elle est sûre, après quelques hésitations, de l’avoir découvert, son amour fraternel éclate avec toute l’ardeur de la jeunesse. Comme un nuage que le vent emporte, elle voudrait aller se suspendre au cou de Polynice et l'embrasser : le rythme traduit avec une merveilleuse exactitude cet élan passionné : |
’Ayepwzeoc elle Gpépov veoéhas
rocty éGavooamut dt'aibépos
pos po Opoyevétopa, Tepi d'HAËVAS dépa othtdta Bdkouut pévw
quydda MÉhEOV *.
Après cette exaltation, elle tombe3 un instant dans une admiration naïve à la vue de ses armes d’or, et finit par une comparaison brillante 4 entre l'éclat qu’elles jettent et celui du soleil à son lever.
Ainsi nous arrivons de plus en plus à un art nouveau, dans lequel le poète cherche moins la symétrie que la vérité. Pareil sujet avait été traité par Eschyle, avec la couleur épique qui lui est particulière, . Phéniciennes, 161,2.
. Ibid., 163-7: K,
. Ibid., 168, trimètre iambique.
. Ibid, 169, dimètre dochmiaque précédé d’un bacchius,
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et l'équilibre dans chaque développement qui n’a pas son égalr. Chaque description d’un chef ennemi, faite par l’espion, était suivie d'une contre-description de l'adversaire que lui opposait Étéocle, et les deux morceaux, qui se répondaient probablement, précédaient une strophe du chœur. Ici, cette rigidité archaïque est abandonnée. Les vers lyriques se mêlent aux trimètres dans une apparente confusion. Si le ton s'élève, on se sert des premiers; s’il s’abaisse, des seconds. La forme commence à s'assouplir et à suivre dans tous ses détours les fuyantes impressions de l'âme. Si j'ajoute que des quatre exemples, le dernier, le plus parfait, est postérieur en date à tous les autres, peut-être accordera-t-on que le lyrisme d’Euripide s’est constamment modifié, en suivant une règle fixe et en tendant de plus en plus au naturel.