‹ Théorie des formes lyriques de la tragédie grecqueChapitre 189 sur 230 · Xénophon et Aristote · texte numérisé non relu

Xénophon et Aristote

insérées dans le De Musica de Plutarque:, pour apprendre, avec les innovations qu'ils introduisirent, les noms des principaux d’entre eux. Ce sont: Mélanippidès?, Phrynis, Cinésias et Timothée. Il faut encore y ajouter Philoxène.

Les deux premiers sont un peu antérieurs à la date des plus anciennes tragédies d'Euripide qui nous soient parvenues. Mélanippidès, en effet, débuta vers 450, quelques années avant la construction de l'Odéons, et douze ans environ avant la représention de l’Alceste. Phrynis fut vainqueur aux Panathénées, sous l’archontat de Callias 4. Cinésias, qui nous est surtout connu par les moqueries d'Aristophane, florissait vers 420 5. Timothée 6, qui fut le grand révolutionnaire musical, dont les trois autres n'avaient été que les timides précurseurs, vainquit son maître Phrynis, comme il a eu soin de nous le faire savoir7. Philoxène lui est postérieur.

Il est probable qu'Euripide connaissait personnellement Timothée. Plutarque raconte qu’à ses débuts, vers 420, ce dernier fut sifflé à l'Odéon par le public d'Athènes. En ce moment si pénible pour un débutant, Euripide vint à lui avec de bonnes paroles. Il lui assura même, avec la perspicacité que devait lui avoir donnée l'humeur changeante de ses concitoyens, qu’il ne tarderait guère à être applaudi par ceux qui le sifflaient8. Si l’anecdote est vraie, Euripide, cinq. ans avant les Troyennes, était l'ami de Timothée, dont il appréciait

l'originalité.

r. Édition Volkmann, Lipsiae, Teubner, 1865, p. 34 sqq.

2. Il y eut deux Mélanippidès. Celui dont il est question ici était le petit-fils de Mélanippidès l’Ancien. Ce dernier, né vers 520, vivait du temps de Pindare. Cf. Suidas, Mehavmniôns Keltwvos. — Les dates s'accordent parfaitèment, quoi qu’en dise E. Rhode, Rheinisches Museum, XXXIII, p. 161-220.

3. L’Odéon fut terminé un peu avant 444. Cf. A. Müller, op. cit., p. 103 sq.; E. Curtius, Histoire grecque, trad. Bouché-Leclercq, IL, p. 646.

4. Probablement en 412, d’après M. Croiset, op. cit., p. 635, note 6. C’est Suidas qui nous donne ce renseignement. D’autres ont voulu placer celte victoire en 446, sous l’archontat de Callimaque. Il n’y a pas de raison pour changer le texte du lexicographe.

5. Voir surtout les Oiseaux, 1372-1400. Gette comédie est de 414; à cette date, Cinésias devait être célèbre, — Il est déjà question de lui, selon le scholiaste, dans les Nuées (v. 333), comédie jouée en 423.

6. Il naquit en 447 (marbre de Paros), ou en 454 d’après Suidas, qui affirme expressément qu’il vivait du temps d’Euripide : ñv dè ênt tv ’Eupridou 4p6vewv rod rpayixod…

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