Ibid
AA'.— B.T.A.E.Zx.
On a annoncé à Électre que l'assemblée du peuple d’Argos l'a condamnée, elle et son frère, à mourir. Elle baisse un instant la tête:, accablée, puis commence à chanter une couple de strophes, suivies d’Anaboles. Quelle est la raison d’une telle disposition? Y a-t-il un changement notable dans le développement des pensées contenues dans la seconde partie, si on les compare à celles de la première? Tout ce que l’on peut dire, c’est que dans les strophes Électre se lamente sur elle-même, tandis que dans ce qui suit, elle déplore les malheurs de ses ancêtres. Cette fin est donc une sorte de résumé de toute l’histoire des Pélopides, récit lyrique comparable, en un sens, à celui de l'esclave phrygien.
Il resterait encore à montrer pourquoi la Monodie est antistrophique dans sa moitié initiale. Le mètre qui prédomine, le grand nombre de mots répétés3, tout semble indiquer qu'Euripide a cherché à favoriser le jeu de son protagoniste plutôt qu’à soigner l'expression des pensées qu'il lui faisait chanter. La juxtaposition des deux formes n’est certainement pas légitimée. Nous savons que l'Oreste a été écrit à une époque de trouble. Peut-être Euripide a-t-il été forcé de travailler un peu vite. La première moitié de son œuvre est admirable; la seconde, médiocre5. On pourrait trouver d’autres indices propres à confirmer cette hypothèses.
1. AA!: 0960-70 —971-81 : iambo-trochées. — B : 982-7; l': 988-94; A: 995-1000; E: 1001-4 : iambo-trochées. Cf. R. et W., p. 320 sq. — Z: 1005-12: système dactylique; finale iambique : Weil, Nauck. On aurait des trochées si l’on écrivait : moïumévotc Jouwy avaynats. Cf. R. et W., p. 121.— Zambaldi étudie la seconde partie de cette Monodie, p. 647 sq. — Cf. Fritzsche, De Monodiis Euripideis, Rostock, 1842, p. 43 sqq.