Cf. 957 sq
3. V. 968: Éheoc Édcoc. — 971: BéGaxe yap BéBaxev. — 979: Étepa d'Etepos. — 986 : Étexev Éteus. — 999 : Ohodv 0X06V. — 1007 : favärouc Oavatwv. — 1009 : Sokiæs Sokouat.
h. Oreste, 1-1097.
5. Ibid., 1098-1693; c’est surtout dans cette seconde partie que l'intérêt languit, après un revirement imprévu de l’action.
6. Weil propose cependant une autre explication. Il voit dans 960-81 un Stasimon, et dans 982 sqq. la Monodie. Lire, dans la Revue de Philologie, juillet 1894, ses Observations sur des textes d’Euripide et d’Eschyle, p. 208 et 209.
GENRE ASTROPHIQUE.
Les Solos qui précèdent ont, en tout ou en partie, une forme qui répugne à leur véritable nature. Les acteurs durent assez longtemps chanter des périodes lyriques équilibrées. Ils subissaient la tyrannie de l'orchestre, mais ils s’en affranchirent peu à peu. Une forme nouvelle fut créée, qui, se développant avec lenteur, arriva, dans les Monodies écrites vers 420, à son plein épanouissement. A cette époque, Euripide, en effet, les composa le plus souvent en délaissant toute régularité antistrophique.
J'ai expliqué plus haut le caractère de sa poésie chorale. Là n’est point sa supériorité. Il réussissait surtout dans les détails. Les vues d'ensemble paraissent lui déplaire, peut-être à cause de leur généralité toujours un peu vague. Au contraire, il a particulièrement travaillé ses Duos scéniques, et je ne sais rien de plus parfait que celui de l'Hélène.
Or, quel est le sujet des Solos qui suivent? Euripide met en scène la douleur humaine, douleur physique ou morale; d’un côté, les cris d’un estropié ou d’un mourant, les contractions nerveuses de l'organisme, l’affolement du cerveau dans une crise qui lui ôte toute pensée suivie; de l’autre, les gémissements, les lamentations, les reprises irrégulières de la plainte, avec ses élancements aigus, et les sanglots qui la coupent brusquement. Il était impossible que de pareils thèmes fussent traités dans une forme symétrique.
Mais l’imitation toujours plus exacte des poètes dithyrambiques
devait finir par entraîner notre poète sur une pente dangereuse. Dans
les premiers temps, on ne s'était servi de la musique que pour aider la poésie, en lui donnant plus de force. Cette alliance devait être fatale à l’un des deux arts. Ce fut la musique qui l’emporta: du second rang, elle passa vite au premier, et la poésie déchue servit de canevas
à la mélodie.
4, MONODIES ÉPIRRHÉMATIQUES.
Elles sont au nombre de deux. La première a été composée vers 425.
Comme celle du Prométhée, elle a un antépirrhème.
Hécuse : 1056 — 1108 1.
À : Polymestor. a4:Chœur. B:Polymestor. £: Chœur.
Hécube et les autres captives troyennes ont tué les deux enfants de Polymestor et lui ont crevé les yeux. L’infortuné sort de la tente de ses ennemies; il ne sait où il va. Tout son monologue lyrique est plein d'interrogations, d’exclamations, de cris de rage. Il voudrait saisir une de ces femmes qui se sont vengées de lui. Sa fureur épouvantable est celle d’une bête féroce prise au piège. Il va jusqu’à se demander où il pourrait aller pour se gorger de la chair et des os de celles qui l'ont si cruellement maltraité. Son langage, qui n’a plus rien d’humain, pourrait faire sourire. Euripide a senti le danger. Il suppose que le malheureux se ravise tout à coup. Il est père, il songe à ses enfants, que les Troyennes ont égorgés; il voudrait soustraire leurs cadavres à toute insulte; il essaie donc de revenir au fond du théâtre.
Pendant ce mouvement de recul fait à tâtons, l’aveugle se tait un instant. Le coryphée se hâte de remarquer que le châtiment du misérable est proportionné à son horrible crime, puisqu'il a tué l'hôte que Priam lui avait confié. Quand Polymestor, après cette pause, a repris des forces pour continuer sa bruyante Monodie, il appelle au secours les Thraces, les Achéens, les Atrides. Il voudrait s’élancer dans les airs, ou se précipiter dans l'Hadès, tant ses souffrances le mettent hors de lui. Les deux trimètres antépirrhématiques qui suivent se rap-
r. Texte de Nauck A. : 1056-1084: rhytme général, le dochmiaque; nombreux éléments anapestiques, cf. 1065, 6, 70, 1, 2, 6, 7, 1082. Le vers 1081 est un tétramètre crétique, et 1079, 1083 sont iambiques. Le 1078 est corrompu. Voir les corrections des éditeurs. — B : 1088-1106 : le rythme général ne change pas, mais les anapestes ont disparu, sauf dans 1102, Les côla 1089, 1100 et 1101 sont crétiques. Les éléments 1094, 5, 6 sont iambiques; au contraire 1099 est trochaïque, tandis que dans 1091 et 1097 on paraît avoir des logaédiques. Cf. R. et W., p. 797 sqq: — « et 8 : distiques iambiques. Naturellement, il faut retrancher 1087.
portent à ce qui précède. Le coryphée, aussi peu ému que les spec tateurs eux-mêmes, dit qu'il est pardonnable de vouloir se suicider, quand dans l'excès de la douleur, on n'est plus maître de soi. Ce distique n'est mis là que pour répondre à l’autre. Tous les deux pourraient être supprimés.
Vient une Monodie qui est, sans contredit, l’une des plus curieuses du théâtre grec.
A : Phrygien. à: Chœur. B:Phrygien. £ : Chœur. r = Ÿ — À — Q) — E — € — 7e a
La pièce contient déjà un récit de messager, et ces Anaboles sont destinées à en épargner un second : la tradition théâtrale est ouvertement violée, puisque le guet-apens dans lequel Oreste et Pylade ont essayé de tuer Hélène, au lieu d’être raconté, sert de prétexte à une longue Monodie.
1. Texte de Weil. — Je ne sais si la métrique de cette Monodie n’est pas plus intéressante à étudier que les pensées qu’elle contient. Le mètre général est l’iambo-trochaïque, mais les métaboles sont nombreuses, et quelques-unes extrêmement adroites. — La description de la fuite de l’eunuque dans A : 1369-1379, est trochaïque, mais quand il veut s'envoler dans les airs, l’ardeur de son vœu lui fait employer le rythme dochmïaque et péonique. Il revient aux trochées et aux iambes dans les deux éléments de la fin. — B: 1381-1392: Lamentations sur la ruine de Troie: rythme prédominant, le dochmiaque. — [': 1395-1424 : Arrivée d’Oreste et de Pylade : iambo-trochées, mais Pylade est le fils de Strophios; c’est un fourbe comme Ulysse; il est usé, adroit, agile: mètre rapide, alerte, glissant : anapestes : 1403-1406. Les deux Grecs s’approchent d'Hélène: iambes : 1407-1415. Anxiété des esclaves : tétrapodie iambique de 12 brèves. Ils courent çà et là inquiets et ne sachant ce qui va arriver : éléments dochmiaques et péoniques : 1417-1424. — A : 1426-1452 : Pendant ce temps, l’eunuque phrygien éventait sa maîtresse; mouvement cadencé et gracieux de l’éventail de plumes: anapestes : 1426-1430. Hélène roule légèrement un fuseau entre ses doigts et s’occupe à quelque ouvrage de femme : dactyles, trochées, anapestes. (Le vers 1436 est un dimètre dochmiaque). Discours d’Oreste : péons : 1437-1443. Il emmène sa victime, et Pylade disperse les esclaves : iambes et finale dochmiaque : 1444-1452. — E : 1454-1471 : Scène de meurtre, lutte, confusion, désespoir et cris de la victime qui s’échappe un instant; on la rattrape, on va enfin l’égorger. Tous les mètres se mêlent les uns aux autres, comme l’action décrite: anapestes, iambes, trochées, péons, dochmii. — Z: 1473- 1502 : Essai de résistance des esclaves, qui ne tiennent pas en face de l’épée des deux guerriers : rythme iambo-trochaïque, mais la description de leur fuite est naturellement anapestique : 1484-1488.
Elle est composée de six parties, séparées par un trimètre du chef du chœur. On a eu raison de rétablir la symétrie des épirrhèmes où elle était rompue.
Les anciens avaient remarqué que la fin de l’'Oreste tournait au comique". Plusieurs parties de ce Solo devaient faire rire les spectateurs. Get eunuque vient, à la vue du glaive des deux Grecs, de ressentir une frayeur très peu héroïque. Il fait sur la scène une piteuse figure; il a pris la fuite et s’en vante; mais il ne se croit pas encore en sùreté, et il se demande où il pourrait se réfugier. Fidèle à la coutume des personnages d’Euripide, il voudrait s’envoler dans les plaines de l’air, sur la mer, n'importe où, pour échapper à Oreste et à son compagnon ?.
Sur une question du coryphée, qui lui demande ce qui peut ainsi l'épouvanter, question qui n’a d'utilité que pour amener ce qui suit, le Phrygien se répand en lamentations sur Troie, qu'ont perdue la beauté d'Hélène et l’enlèvement de Ganymède.
Le chœur précise sa demande. Ce ne sont pas des chants de douleur qu'il veut entendre, mais le récit de ce qui s’est passé dans le palais. L’esclave, mis sur la bonne voie, dit ce qu'il a vu. Sa narration lyrique, d’après un procédé moderne fort connu, est coupée habilement par des interruptions, toutes les fois que les spectateurs en suspens avaient hâte de savoir ce qui allait suivre.
Oreste et Pylade sont entrés dans le palais; ils s’'approchent d'Hélène; les esclaves se demandent avec inquiétude si les deux étrangers ne méditent pas quelque ruse. — Le chœur glisse vite son interrogation : « Mais toi, Phrygien, où étais-tu? Avais-tu déjà pris la fuite3?» — Le frère d’Électre entraine Hélène à l'écart; Pylade éloigne les serviteurs. — «Qu'arriva-t-il alors?» demande le coryphée plein d’an-