‹ Théorie des formes lyriques de la tragédie grecqueChapitre 204 sur 230 · Voir l’Argument · texte numérisé non relu

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2. Oreste, 1375 sqq. Ce souhait est formulé à chaque instant, soit par les choreules, soit surtout par les acteurs d’Euripide. Ils voudraient s’envoler dans les airs, ou pénétrer dans les profondeurs de la terre, pour échapper à un danger, à un châtiment qui les menace, ou pour revoir un pays qui leur est cher. Cf. Andromaque, 862; Hippolyle, 732; Hécube, 1100; Ion, 796 et 1238; Suppliantes, 620; Hélène, 1478; Iphigénie en Tauride, 1137; Phéniciennes, 163; Oreste, 982. (Comparer dans Sophocle, Ajax, 693, et Antigone, 1307, où l’expression est seulement métaphorique.) Euripide a même réalisé une fois ce vœu, à la fin de sa Médée, où l’on voit son héroïne s’envoler sur un char,

traîné par des dragons ailés, 3. Oresle, 1425,

goisse !. — Oreste, après avoir poursuivi sa victime, la saisit par les cheveux; il lui incline de force le cou sur l'épaule; il tire son glaive.… — C'est le moment ou jamais d'interrompre. L'orchestre n’y manque pas : (Que faisaient donc les eunuques, dit-il, où étaient-ils? Pourquoi ne portaient-ils pas secours à la reine ?? » — Suit la réponse finale du Phrygien que termine le récit de la disparition merveilleuse de la fille de Léda.

Un tel artifice piquait l’attention du public. La narration étant fort longue, il n'était pas superflu. Nous serions en droit de le trouver condamnable, si certains romanciers n'avaient pas encore la précaution de tenir en haleine la curiosité de leurs lecteurs, en coupant leur récit aux endroits les plus émouvants. La presse n'existait pas à Athènes en 408, mais la foule ne différait guère de celle d'aujourd'hui.

On pourrait faire d’autres remarques sur ce morceau lyrique. Je me contenterai de noter le soin avec lequel Euripide insiste sur les mœurs asiatiques de son esclave. Le chœur, au moment où le Phrygien entre en scène, indique déjà sa nationalité. Il est bien entendu que ce n’est pas un Grec qui chante. On le répète à satiété. Il n’y a pas de doute que le mode employé ne füt asiatique : c'était le phrygien ou l’hypophrygien.

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