‹ Théorie des formes lyriques de la tragédie grecqueChapitre 206 sur 230 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

nos éditions sans aucune coupe, étaient en réalité chantées à la scène avec des repos. Je m’efforcerai de les retrouver. On peut croire que pendant les temps de silence l'instrumentiste continuait de jouer.

HiPPOLYTE : 1347 — 13881.

Thésée et Artémis sont en scène. Le chef du chœur annonce l’arrivée d'Hippolyte. Le malheureux s’avance soutenu par ses serviteurs, auxquels il ordonne de marcher en mesure. Son corps n'est plus qu'une plaie, et le moindre faux mouvement lui arrache des cris. La première moilié de sa Monodie est anapestique. Il est inutile de remarquer que ces systèmes sont légitimes, puisqu'ils accompagnent la marche du protagoniste.

Arrivé au milieu du cyeïev, Hippolyte se tait un instant. Le poète aurait pu intercaler ici un monomètre ou un distique du coryphée, comme dans le Solo de Polymestor. C’est à nous de le sous-entendre, pour ainsi dire. Bientôt l’infortuné sent redoubler ses douleurs. I1 reprend son chant, en ayant soin de changer de rythme: les éléments dochmiaques, bacchiaques, iambiques, logaédiques se suivent en désordre, pour exprimer le trouble où le jettent ses souffrances. L’Hippolyte appartient à une époque où la métrique est encore d’une merveilleuse précision.

Page 1