I. Genre antistrophique
1° Commoi épirrhématiques, A. L’épirrhème est iambique: «) Disposition simple : À & A’«’; B) Disposition entrelacée : À « B G. A'«'B'6".
B. L’épirrhème est anapestique : À « A’.
2° Commoi mésodiques : À B A’. À B y B'A”., etc. 3° Commoi entièrement lyriques : AA” BB’.
4° Commoi de construction double ou triple.
À. Progression ascendante : épirrhématiqueetentièrementlyrique : À &« A’«: BB: B. Progression descendante : entièrement lyrique et épirrhématique : AA”. BB B'6- C. Antistrophico-mésodique : À & A8 B «'B'.
D. Mésodique, palinodique et lyrique: A B A’. «. l'B'[’., elc. AEE’A'.ZZ'. II. Genre mixte. 1° Progression ascendante : Commoi antistrophiques et asymétriques : A A’. BF. 2° Progression descendante : Commoi asymétriques et antistrophiques : A B.l'[” III. Genre asymétrique, 1° Commoi épirrhématiques : À « B fT y, etc.
2° Commoi entièrement lyriques : À B T' A E, etc. Récapitulation générale. — Résumé.
Le Commos est cette partie lyrique de la tragédie dont les éléments sont attribués tour à tour à la scène et à l'orchestre. Telle est, on le sait, la définition d’Aristote. C’est la plus générale et la plus exacte que l’on puisse donner. Ces sortes de chants contiennent quelquefois des lamentations funèbres, souvent des plaintes douloureuses; plus souvent encore ils expriment l'angoisse, la pitié, le désespoir et toutes les émotions vives du dramet. On les rencontre donc aux endroits les
1. OŒEdipe-Roi, 649-696 : supplication passionnée. — OEdipe à Colone, 510-548 : curiosité ardente. — Oreste, 1246-1310: angoisse. — Bacchanles, 1031-1042 : admiration enthousiaste, qui scandalise celui qui en est le témoin:
plus pathétiques, mais il serait difficile de préciser les sentiments dont ils sont pleins, parce que ces sentiments sont aussi multiples et aussi variés que ceux de l’âme humaine.
La Parodos et le Stasimon se trouvent dans toutes les pièces; il n’en est pas de même du Commos. Certaines tragédies n’en contiennent proprement aucun: la Médée et le Rhésos sont de ce nombre. Au contraire, on en compte jusqu'à quatre dans l'Œdipe à Colone:. Ce n’était donc pas un organe essentiel de ce poème, qui pouyait vivre et se développer sans lui.
Autant chaque partie lyrique isolée était construite d’après des lois rigoureuses, autant l'écrivain était libre dans le choix et dans l'emploi de ces éléments constitutifs. Ils sont régulièrement ordonnés en euxmêmes, mais ils se coordonnent sans règle fixe. Ils s’assemblent et se disjoignent suivant un plan harmonieux mais multiforme. L'ensemble change et se modifie d’après l'humeur du poète ou le sujet qu’il traite. C'est la sève même de la vie qui fait jaillir çà et là de ce tronc puissant les branches qui le couvrent de leur feuillage.
Cette vigueur ne resta jamais inactive. Elle produisit toute une série de métamorphoses qui n’a jamais été aussi surprenante que dans le Commos lui-même. Sur ce point, Sophocle ne ressemble déjà plus à Eschyle, et il n’a pas encore l’audace ni l'esprit révolutionnaire d’Euripide. Je voudrais donc suivre pas à pas le chemin parcouru par ces trois tragiques, et rattacher les unes aux autres leurs différentes constructions thrénétiques, de manière à les expliquer en les juxtaposant. On verra que leur développement rationnel coïncide, sauf de très rares exceptions, avec l'ordre chronologique.
Cette coïncidence n'a rien de fortuit: la cause de tous ces changements, toujours identique, prit chaque année une force plus grande, comme il est facile de s'en rendre compte. La Parodos fut simple tant que le chœur seul y prit part; dès que l'acteur y joua un rôle, elle s’altéra et se diversifia. Le Stasimon, chanté par les choreutes, fut toujours composé de strophes accouplées. Au contraire, le Commos, que la scène partagea nécessairement avec l'orchestre, ne devait pas tarder à se transformer et à devenir méconnaissable.
1. OEdipe à Colone, 510-548, 833-43 = 8760-85, 1447-1499, 1670-1700.
LES COMMOI. 120
Eschyle n'emploie d'ordinaire qu'un seul acleurr, qui récite le plus souvent des trimètres ou des systèmes anapestiques, Aussi le Commos de ses premières tragédies est-il encore d’une simplicité rudimentaire. Il sentit bientôt que cette symétrie si étroite était inconciliable avec les libres effusions des sentiments personnels, et il essaya de lui donner plus de naturel, tout en la conservant dans son intégrité. IL arriva ainsi au Commos des Choéphores, où l'harmonie rigoureuse des formes n'a pas nui à la majesté de leur ordonnance.
Sophocle et Euripide font intervenir dans leurs thrènes deux, quelquefois même trois acteurs2, et le protagoniste chante ordinairement les vers lyriques. C'est avec eux que commence un changement qui devait finir par tuer la poésie chantée du drame.
En s’appropriant le rôle du chœur, l'acteur le modifia suivant l’art qui lui était particulier. Chez Sophocle, il est déjà devenu le personnage principal du Commos, il attire sur lui les regards et les concentre; ses cris de douleur, ses lamentations portent plus loin, elles sont plus précises, plus pénétrantes que celles du chœur eschyléen. Dans les iambes de son dialogue et de ses stichomythies, l'acteur a eu soin de nous présenter le personnage qu'il joue et de nous faire comprendre son caractère; dans les vers lyriques, il nous touche par les douleurs de ce même personnage, par ses larmes et ses sanglots. Le trimètre analyse et instruit; le vers chanté vibre et émeut. Dans l’un, on pense et l'on agit; dans l’autre, on souffre et l’on se débat. De là chez ce poète le pathétique admirable de certaines strophes scéniques. Le dialogue pose Antigone au milieu du Àcyeïcv, debout dans ses longs voiles, le visage obstiné et inflexible; le Commos nous montre la jeune fille, la tête baissée, qui d’un geste vaincu cherche à émouvoir les choreutes pour sauver sa vies :
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