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LA PASTORALE

la Diane amoureuse^ qui eut en France plusieurs traductions.

Sous l'influence du roman espagnol et des pièces italiennes, le théâtre pastoral se développa chez nous rapidement. Il eut une grande vogue, à la fin du seizième siècle et dans le premier tiers du dixseptième. Montchrélien, Hardy, donnent avec entrain dans le genre nouveau. Racan fait jouer, en 1619, ses fameuses Berge fies.

Les bergers mis alors à la scène, n'ont rien de commun avec ceux de Théocrite, frustes, passionnés, violents, dont le manteau « sent la présure ». Ce sont, au contraire, gens du « bel air », qui ont appris l'amour dans Pétrarque, en attendant de compléter leur éducation à l'hôtel de Rambouillet.

La poésie pastorale est un dérivatif au besoin de respirer quelques bouffées d'air pur, après un séjour prolongé dans les villes, et de retrouver la nature primitive, absente des civilisations factices. Mais trop souvent, comme au dix-septième siècle, poètes et public voient la campagne à travers leurs goûts citadins d'élégance et de mondanité. Les uns et les autres ressemblent à Louis XIV, faisant dessiner le parc de Versailles par Le Nôtre, qui taillait et arrondissait les ifs en bouquets, dans des allées d'une régularité architecturale. A cette date, il faut chercher la poésie champêtre et la vraie nature, non au théâtre, ou dans les romans, mais dans les fables de La Fontaine.

ii. —La Fable [i).

Définition. — La fable (2) ou apologue (3) est lin petit récit allégorique qui renferme une vérité morale. Une certaine brièveté y est d'obligation. L'allégorie consiste à dire une chose pour eu faire entendre une autre (4). Or, dans la fable, l'intention allégorique est double.

1° Le poète s'adresse à l'homme sous le couvert des animaux, auxquels, sans altérer leurs mœurs ni leur physionomie propres, il prête noa qualités et nos défauts :

Je me sers d'animaux pour instruire les hommes,

telle est sa devise. La cigale et la fourmi sont les

symboles, l'une, du prodigue, l'autre, de l'économe.

2° Ces fictions tendent à mettre en lumière une

leçon de vie pratique. Les cigales n'ont rien à attendre

(i) M. Brunelière [Dictionnaire encyclopédique de Lamiraull, au mot Satibe) range la fable dans ■ l'e'popëe animale a . Taine (£11 Fontaine etsesf<tbU.f)A'p'(it\\e La Ponlaine < notre Homère français >. On voit par là combien il est difficile de faire entrer certains genres dans ane catégorie déterminée. Noire fabuliste a évidemment le génie épique, par l'art d'animer des personnages innombrables, par le don du discours el du r/cit. Son ceuvre est belliqueuse, comme l'Iliade, car elle raconte les luttes entre les animaux; elle est nationale, et peint, non seulement ]a sociélé du dix-septième siècle, mais le Français de tous les lemps, Noas préférons cependant nous placer au point de vue de La Fontaine, oui définit ses fables une < ample comédie n .

fa) Du hlia fabula, récit, conte. C'est au sens latin que La Fontaine prend le mot, lorsqu'il écrit, dans sa préface : n Le corps est la/atfe; l'flme, la moralité ■■

(3) 'AitiXo^oj, récit, avec le sens accessoire de plaidoyer. Dans la fable, il y a, en effet, une thèse morale.

(4) Pour plus de détails, voir nos Principes i ' Littérature., p. 269.

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