PRÉFACE. VII
telle qu'oQ l'enseigne encore clans plusieurs maisons d*éducation, d'après Boileau et les critiquesdu dixhuitième siècle, est incomplète et fausse en bien des points. Sous l'influence de l'esprit liislorique, elle s'est notablement élargie et modifiée. Cependant nous n'avons pas fait table rase de ce qui a été pensé et écrit jadis sur la même matière. Au cours de cet ouvrage, nous aurons souvent occasion de parler de l'évolution. Or, dans l'enseignement, il doit y avoir évolution, non révolution. La révolution est le mépris inintelligent (lu passé, la solution de continuité entre ce qui a été et ce qui est. Un tel mépris est néfaste en tout et partout : c'est une marche en arrière, une régression^ pour employer le terme scientifique à la mode; c'est la négation de tout progrès. Même aux époques les plus reculées, on n'a pas pu réfléchir sur certains problèmes, sans trouver des solutions justes, qu'il faut savoir mettre à profit, au lieu de les dédaigner sottement. Nous avons donc tâché de concilier le passé et le présent, la tradition et l'esprit nouveau. Nous avons cité Aristoteà côté de M. Brunelière; Marmontel et Hugues Blair à côlé de MM. J. Lemaître et É. Faguet.
Enfin, visant à être pratique, nous avons, à propos de la poésie, rédigé un petit traité de versification française, d'après la récente théorie de la césure et de l'accent tonique. Notre chapitre sur l'éloquence est une rhétorique en cinquante pages.
vm THÉORIE DES GENRES LITTÉRAIRES.
C'est également dans une intention d'utilité que nous avons placé, à la fin du volume, une table des matières un peu développée. On aura ainsi un sommaire détaillé de chaque chapitre et une vue d'ensemble, suffisamment nette, de tout l'ouvrage, l^es élèves y trouveront une sorte de tableau synoptique, commode pour une revision rapide, au moment des examens.
Avant de clore cet Avant-propos, nous ne saurions oublier ceux qui nous ont aidé à rendre ce livre moins imparfait. M^ DadoUe , recteur des Facultés catholiques de Lyon, Facultés dont nous fûmes rélève, nous a donné ses encouragements et ses conseils. Il a bien voulu revoir attentivement notre manuscrit. A son expérience des choses de l'enseignement nous devons des améliorations importantes : nous lui en exprijnons notre respectueuse reconnaissance. M. E. des Essarts, doyen de la Faculté des lettres de Clermont, s*est égalemçnt intéressé à notre travail, qu'il a lu en grande partie : nous ne pouvons nous acquitter assez envers lui. Un de nos anciens camarades de la Sorbonne, lequel est resté notre ami, a partagé avec nous la tâche ingrate de la correction des épreuves. Ce jeune et déjà distingué professeur de l'Université nous a suggéré des corrections heureuses, des aperçus originaux : qu'il en reçoive nos affectueux remerciements.