D. LVIII
devait compter des écrivains de talent, entre autres, Jean-Baptisle Say et Le Play.
Les moralistes. — Nous ne devonspas oublier les moralistes. Selon le joli mot de M°** de Sévigné sur l'un d'eux, Nicole, ils ont *pour fonction de « chercher dans le fond du cœur avec une lanterne » (i). Ces écrivains traitent, non incidemment y mais uniquement des mœurs : usages, coutumes, éducation, passions, opinions.
Les époques des moralistes, — « A mesure que la nation se constitue et que l'esprit de société y fait des progrès, les écrits se remplissent de maximes qui s'appliquent de plus en plus à l'homme en général. Mais l'idée de donner à des maximes de morale toutes les grâces d'un art, en mêlant aux préceptes des portraits et de la satire, cette idée ne peut appartenir qu'à un esprit supérieur, à une grande nation, à une époque où toute la vie humaine a été vécue. C'est un besoin des sociétés arrivées à leur maturité de tracer des règles, de réduire leur expérience en maximes, d'engager les âges ti venir par les exemples du passé. Elle sont à cet égard comme les individus qui ont parcouru leur carrière et rempli leur destinée : elles moralisent (2). » Aussi, le dix-septième siècle a-t-il été Tépoque des moralistes, dont quelques-uns, La Rochefoucauld, Pascal, La Bruyère, furent de tout premier ordre. Avant eux, Montaigne, en avance sur son temps, avait ouvert la voie dans ses Essais,
Genre de composition propre aux moralistes, — Les moralistes ne sont pas des philosophes qui édifient des systèmes et composent des traités sur un point de
(i) Lettre à M^^ de Grignan, 3o sept. 167 1.
(2) Nisard, Histoire delà Littérature française^ t. III, p. 167.