‹ Théorie des genres littérairesChapitre 8 sur 45 · SUCCESSION PUS GENRES · texte numérisé non relu

SUCCESSION PUS GENRES

et produit la farce, la comédie d'intrigue, la comédie de mœurs, la comédie de caractère et d'autres va-» riétés encore.

Arllcie II. •*- Or<tre de •aeees«toii fie» fi^enre»

Utléralres.

Pour nous rendre compte de Tordre dans lequel éclof ent les divers genres, c'est la suite de la littérallure grecque qu'il faut examiner. Les littératures latine et française sont, en grande partie, des littératures d'imitation, dont le développement, par conséquent, n'a pas été spontané. Au contmire, la venue des chefs-d'œuvre grecs n'a été provoquée par aucune influence étrangère ; elle a été réglée par la marche des idées et de la civilisation ; elle a été la manifestation harmonieuse et naturelle du génie et de la race.

Les quatre ftges de la poésie. -^ i^ Vdge épique. "— L'épopée, en Grèce, est la première en date. Ce poème aristocratique et belliqueux est bien l'expression d'une société féodale, qui lutte contre les voisins pour agrandir sa place au soleil et dont la guerre est l'état naturel. L'individu ne compte pas ; mais quelques chefs puissants mènent la foule qu'ils protègent et qui s'efface devant eux. Les récits ex* traordinaires et merveilleux conviennent à ces guerriers, qui sont encore de grands enfants naïfs, tout aux choses du dehors et incapables de s'analyser eux» mêmes. Uépopée marque Véçeil des sociétés à la sne.

2* Vâge lyrique. •— Mais aux guerres pernia« nentes succède une paix relative. La cité s'organise ; on sent la joie de vivre ; on commence a se recueillir

et a rentrer en soi. L'individu devient un facteur de la vie politique. L'homme n'est plus, comme jadis, un être perdu dans la foule obscure ; il est un citoyen qui a conscience de sa personnalité, qui a sa vie morale, ses idées à lui. C'est ce qui arrive en Grèce, au huitième siècle. Le culte du passé* et des héros que l'épopée avait célébrés, subsiste toujours^ Ces héros, devenus les protecteurs de la cité, auront leur place dans les genres nouveaux. Leur légende défrayera les mythes lyriques de Stésichore et de Pindare et constituera le fond de la tragédie. Mais on s'intéresse surtout aux idées et aux sentiments actuels, qui font battre le cœur. On est moins curieux de spectacle extérieur, plus avide du spectacle intérieur de l'âme. C'est l'époque du lyrisme, de l'émotion vibrant dans les strophes musicales et dansantes : lyrisme collectif et patriotique, où l'individu est le chantre et l'organe de la communauté, dans les fêtes religieuses et civiques, processions (xofjixat) , panégyries (i); lyrisme proprement personnel, où le poète chante sa passion, amour, colère. La poésie lyrique marque Va^^hnement de V individu à la personnaliiè.

3^ Vâge dramatique, — La poésie dramatique ne s'épanouit que dans une société arrivée à sa maturité de pensée et d'art. En Grèce, elle ne parvient a son entier développement que vers le milieu du quatrième siècle avant Jésus-Christ. C'est, en effet, l'espèce de poésie la plus complexe et la plus difficile; car on s'y propose de reconstituer la vie, non seulement dans ses manifestations sensibles et ses incidents matériels, mais dans son essence in-

(i) Les panégyries étaient des assemblées panbellëniques.

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