‹ Théorie des groupes fuchsiensChapitre 74 sur 75 · XI. — Application aux fonctions fuchsiennes · texte numérisé non relu

XI. — Application aux fonctions fuchsiennes

Nous venons de voir à quelles conditions peut s'intégrer l'équation ( 1 ) du paragraphe précédent; or, au début de ce travail, nous avons montré que la formation des fonctions fuchsiennes dépend de Tintégralion d'une équation de même forme,

(i) DU = 0('^-*.

\oyons si elle satisfait aux conditions énoncées.

La fonction $ est finie, sauf aux sommets de troisième espèce, et en

ces sommets la valeur du rapport - est finie, déterminée, positive et

différente de zéro; c'est ce que nous avons montré à la Un du § H . Il reste donc à vérifier que l'on a

Je rappelle que

" ait)

h étant une fonction partout finie, sauf aux sommets de deuxième et

222 H. POINC.VRE.

de troisième espèce el telle que la différence

(2) h-(^i-~)iog\Z-A\

reste finie aux sommets de deuxième espèce et que la différence

(3) // - 2 log 1 Z - A I - 2 loglog I Z - A I

reste finie aux sommets de troisième espèce.

Nous supposerons que Z est lié à Z' par une relation aloébrique

Cette relation représente une courbe algébrique d'ordre//;; je puis, sans restreindre la généralité, supposer que cette courbe a ses m directions asymptotiques distinctes et qu'elle n'a d'autre singularité que des points doubles ordinaires.

Je puis supposer aussi cjue les sommets de deuxième ou de troisième espèce ne correspondent ni à un point double de la courbe, ni à un point à l'infini, ni à un point oïi la tangente est parallèle à l'axe des Z I c'est ce qui m'a i)ermis tout à l'heure d'écrire Z — A et non Z" — A" dans les formules (2)et(3)].

Cela posé, quand log-i^ devient-il infini?

i" Quand '-^ devient infini, c'est-à-dire quand le point Z, Z' s'éloigne

à l'infini sur l'une des branches asymptotiques de la courbe; 2" Aux points où la tangente est parallèle à l'axe des Z, on a

et, par coiisécpicul,

du

du' . p . diï . , et, comme -r~ est luii, -r- est nul:

dw dit) '

LES FONCTIONS FI CIISI ENNES ET l'ÉQIATION Ail = ('" . 2l'i

3" Aux poiiils (IduMcs, on a, à la fois,

mais Z' csl l'oiuliou holoinoi'plic de Z et V- resle liiii.

Nous avons donc

cl .!> dcvicnl loyaiilhMii([UL'uii'nl inlini on un certain iionilu'i' de iioinls sinjjuliers qui se ivparlisscnl on quatre sortes :

Première sorte. — Ce sont les m points à l'inlini delà courbe F=o. Deuxième sorte. — Ce sont les points où -=-, = o; leur nombre est

m (m — i) — -2 cl,

(f étant le nombre des points doubles, ou bien

/) étant le genre de la courbe.

Troisième sorte. — Ce sont les sommets de deuxième espèce.

(Jimtrième sorte. — Ce sont les sommets de troisième espèce.

Entourons chacun de ces points singuliers d'une courbe infiniment petite. La surface de Klein se trouve partagée en deux régions; la région intérieure à ces petites courbes qui est infiniment petite et la région extérieure qui est finie.

L'intégrale / *Pd(o, étendue à la région intérieure, est iulinimciil

petite. L'intégrale étendue à la région extérieure est

^■«I) f/co = Cd| dco = l^g ch,

en vertu de l'équation (3 l/is) du § III ; dn elda sont définis comme au § m, que la surface de Klein soit isotrope ou anisolrope.

224 "• POINCARE.

L'intégrale du troisième membre est étendue au périmètre de toutes les petites courbes; mais il faut observer que les f/n positifs doivent être comptés vers Textérieur de la région où se fait l'intégration double, c'est-à-dire vers Vinlérieu/- de la petite courbe.

Considérons dabord une petite courbe entourant un des m points singuliers de la première sorte; ceux où Z devient infini.

Nous prendrons

d'où

da \ dZ [^ I

diî" ~ dZ"\ ~ I Z"

A l'intérieur de notre petite courbe nous avons donc •| = 4log|Z"| -log-^ -/t.

dû" géant des infiniment petits, à

Or, log-7^ -\- h reste fini; notre intégrale est donc égale, en négli-

rfl..l7,-l

dn ou bien, toujours avec les notations du § III,

~~dW' ^^^ '

r/S" et f/i\" étant les arcs infiniment petits cjui correspondent sur le plan des Z" aux arcs clr; et dn de la surface de Klein. Si nous posons

cl si l'on suppose que la petite courbe a pour équation p^ const., et correspond à un cercle sur le plan des Z"; celte intégrale peut s'écrire

'(iloa;?

LES FONCTIONS FLCIISIENNES ET l'ÉQU.VTION A« = if. 22^

.l'ai mis le signe —, parce que les c^N" positifs doiveiil èlrc coiiiplés vers riiUérieur du petit cercle p = const.

Considérons maintenant une petite courbe eulourant un des

iKiin

Is singuliers de la deuxième sorte.

Soit Z = A, Z' = A' ce point singulier. Nous aurons

, , du , du' ,

^ " cAo' ° du

D'autre part, on aura

H ('tant une série ordonnée suivant les puissances de Z' — A' el ne s'annulant pas pour Z' ~ A'.

On en déduit

H' ne s'aïuiulant pas pour Z' = A'.

Il vient donc

^ du' ' ^

dZ'

= 2 log I Z' — A' I + 2 logH',

cl ou

du'

L'expression

2 log I Z' — A' I 2 log H' — log ~ /t .

du'

2logH' + log^ +/i

reste finie; donc l'intégrale se réduit à

V1okIZ'-A'

du

dn.

Le même calcul montrerait que cette intégrale est égale à 4~-

Considérons une courbe entourant un point singulier de la troisième

Jour/t. de Math. (5* série), tome IV. — Fasc. II, 1898. 2(J

226 II. POINCvnÉ.

snrip; il viciil

h =(2 ) log I Z — A I + A , ,

//, (''laiil liiil (U, [)iir ronsL'fjiicnl,

•1= --■. lo8-|Z-A|-/,,-loy;

//, -h I02-7- ctanl liiii.

Notre intégrale csl donc éi^ale à

(dans cette formule, la leltre /i ligure deux t'ois dans deux sens diflï'rents; // est un nombre entiea et d/i une longueur infiniment petite; mais aucune confusion n'est à craindre), c'est-à-dire, toujours d'après le même raisonnement, à

Passons enlin aux sommets de la quatrième sorte; on a

// = 2 log I Z — A I -H 2 loglog I Z — A I -I- // 1 , A, restant Uni; notre intégrale se réduit donc à

La première intégi'ale s(^ réduit à 4~- QnanI à la seconde, si nous posons

Z- A = pe""

el si nous supposons (jue la petite courbe a [)0ur écpiation p =^ consl., elle se rf'duit à

• ■t tend \ers zéro (puind 0 tend vers zéro. L'intégrale se réduit donc linalement à /(-.

LES FONCTIONS I I C IISI KNNES ET l'kQLATION lu = ('" . 227

l'.ii n'siiiiii'. iiiMis li()ii\ DUS :

1 " l'oiir les r/i points de hi première sorte :

2" INuir 1rs 1/// -^ 2f) — 2 poiiils (h^ la (Iciivirine sorte :

DIT. ^- ^pr. — iS-;

)" Pour les y |i()iiils di' la Iroisiriiic sorte ( souimi-ls de la (Iruxièiiic espèce) :

l" Pour les f/ points de la (|ua[iiènie sorte (soinnicts de la Iroisième espèce ) :

■Nous avons donc linaleuieul

Considérons le polygone luchsicn R^, et soit 2 A' le nonihre de ses cotés, h le nombre des cycles de sommets de première espèce, q et (/' ceux des cycles de sommets de deuxième et de troisième espèce.

fja somme des angles est égale à

Le déiicit angulaire ( pro[)ortionnel à la surface non euclidieruie ) est

On a, d'autre i>arl,

d'où

228 H. POINCAUÉ.

ce qui montre que le déficit angulaire est égal à

"^T^yip — 9. -\- q + q

L'intégrale f^d(x> est donc égale au double du déficit angulaire.

Elle rsi donc positive. c. q. f. d.

Donc l'équation

peut s'intégrer; donc, dans tout type fuchsien, il y a une écpialiou fuchsienne.

Le théorème fondamental est démontré pour toutes les fonctions fuchsiennes qui n'existent qu'à l'intérieur du cercle fondamental; je me réserve d'y revenir en ce cjui concerne les autres fonctions fuchsiennes et en particulier celles de la troisième famille.

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