ET DE LA RÉC031PENSE
Examinons un autre cas où la récompense est préférable, à raison de ce qu'elle épargne une dépense considérable de peines.
Il va des services purement onéreux, c'est-àdire onéreux à celui qui les remplit, mais avantageux pour la société. Qui doit en être chargé ? c'est une question à examiner.
On peut dire de chaque individu séparément (}ue le public a droit à ses services; car l'intérêt d'un seul doit céder aux intérêts de tous. Mais si cela est vrai pour tel individu, cela est également vrai pour tel autre , et successivement pour tous. Ainsi, d'une part, chacun est dans l'obligation de se soumettre au service demandé ; et d'autre part, chacun a un droit égal que ce service soit imposé à tout autre que lui. S'il n'y a point de milieu à prendre entre ces deux propositions, elles se détruisent l'une l'autre : l'obligation est égale , le droit est égal : entre deux intérêts du même poids, la balance demeure en équilibre. Que s'ensuit-il? que personne ne doit faire le
que les siiupleâ privations de plaisir. Celles que M. Lancasler a établies n'agissent que par le sentiment de la honte, et il les a toutes choisies emblématiques ou caractéristiques. Leur efficace est beaucoup plus grande que celle des châtiments corporels, que les enfants se font nu honneur de braver ou une habitude de souffrir, ou qui leur inspirent une aversion décidée pour l'étude.
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service, et que l'exemption de chacun entraînera la destruction de tous. Mais il y a un milieu à prendre, et ce milieu consiste à diviser le fardeau entre tous avec le plus d'égalité possible.
Le principe est incontestable ; son application n'est pas toujours facile. 11 s'agit d'un service qui ne peut pas être divisé , par exemple , d'un emploi qui ne demande qu'un homme. — Le procédé le plus juste et le plus commun, c'est d'attacher à cet emploi un profit qui en contre-balance les inconvénients. Ce profit, tiré de la masse générale des contributions , représente la part de chacun dans le fardeau du service'.
Au lieu de répartir le fardeau, on a eu recours en certains cas à un autre expédient. C'est de le faire porter tout entier sur un seul individu tiré au sort. L'injustice de la préférence est sauvée, mais l'inégalité n'est pas corrigée. On obvie aux appréhensions et aux reproches de partialité ; on n'obvie pas à la souffrance de celui qui a tiré le lot
' Ceci suppose que la récompense est pécuniaire. Si l'on peut aUacher à l'emploi une récompense suffisante en honneur, sans argent, le fardeau est distribué entre tous les membres de la communauté qui cèdent la préséance à la personne en question ; si la récompense est uniquement en pouvoir, la distribution du fardeau est égale entre ceux (jui sont soumis à ce pouvoir.