‹ Théorie des peines et des récompenses; (volume 2)Chapitre 30 sur 110 · I20 RECOMPENSES POUR DELATION · texte numérisé non relu

I20 RECOMPENSES POUR DELATION

plice ! Que ne peut-on leur inspirer un tel désir de se dénoncer, de se perdre mutuellement , que chacun d'eux , inquiet et tremblant au milieu des siens, craignant ses compagnons autant que ses juges, ne pût plus espérer de sécurité que du renoncement à ses crimes ! Certes , si. par respect pour la foi des engagements, vous vous abstenez de troubler la société des voleurs et des assassins, à plus forte raison devez-vous, par humanité, vous abstenir de punir leurs brigandages,

Beccaria s'élève avec raison contre les souverains ou les juges qui, après avoir attiré un délateur par l'offre d'une récompense, violent leur promesse, ou la rendent illusoire. Ici, on ne doil pas craindre de se livrer à l'indignation qu'inspire un procédé si lâche el si funeste. Mais pourquoi? — parceque cette étroite politique anéantit un moyen nécessaire. Ces invitations , ces offres ne seront plus regardées que comme des amorces perfides. Une telle violation de foi cimentera l'union des criminels. 11 semble que le gouvernement lui-même intervienne comme protecteur de leur société , et qu'il ajoute la dérision à la rigueur de la loi , pour punir l'homme qui s'est fié à ses promesses.

Mais, dit Beccaria, la société autorise la trahison, détestée même des scélérats entre eux. Nous avons vu ce (juil faut enleiidie i)ai' Irahison.

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