RÈGLES
Dans le service naval , les lois d'Angleterre accordent tant pour chaque vaisseau pris ou détruit, tant pour chaque homme capturé. Pourquoi le même encouragement ne s'étendrait-il pas à l'autre hranche du service militaire, avec les modifications que la nature de la chose demande ?
S'agit-il de prolonger la défense d'une plac e assiégée, faites monter graduellement la paye du gouverneur, et surtout celle des soldats, à proportion du temps qu'ils la défendent.
Ce qu'on vient de proposer pour les prisonniers et les enfants trouvés pourrait-il s'appliquer aux corps militaires en garnison ou en campagne?
Le général ou le colonel ont un si grand intérêt à la conservation de ces machines vivantes, instruments de leurs succès; il doiventsihien sentir qu'un soldat, tant qu'il est malade, est moins bon que rien; que les recrues peuvent manquer,
compte la valeur de cinquante livres pour chaque malade, ou mort, ou guéri. M. de Chamousset et sa compagnie offraient de gérer pour cinquante livres seulement par guérison. Les morts allaient par-dessus le marché et étaient A sa charge. La proposition était si belle, qu'elle ne fui point acceptée. On craignit (ju'il ne pCit la remplir. Tout abus qu'on veut réformer est le patrimoine de ceux qui ont plus de crédit que les réformateurs. » — Quesl. encjcl. , art. Charilc.
SUR LES SALAIRES. lyS
et tju'ellcs sont long-temps inférieures à dos vétérans : ces motifs sont si palpables , (ju'il semble inutile de les appuyer par une récompense pécuniaire. Mais quand il s'agit d\m objet si essentiel, il ne faut rien négliger. Le général, employé comme assureur des vies de ses subordonnés , deviendrait l'émule d'Hippocratc pour la science, et de Howard pour la pbilanthropie. Quelle attention pour ses campements! quelle vigilance sur les fournisseurs! quel soin pour les hôpitaux! Comme il perfectionnerait cette discipline contre les vices d'une armée, non moins destructifs quelquefois que le 1er de Tennemi"!
Pourquoi n'établirait -on pas le même usage dans un vaisseau de guerre, où les négligences sont si dangereuses, où les règles générales sont si faciles à observer? L'amiral, le capitaine , auraient un intérêt immédiat dans la conservation de chaque matelot. L'exemple admirable du capitaine Cook, qui fit le tour du globe, et parcourut tant de climats opposés, tant de mers nouvelles , sans perdre un seul homme, ne serait plus infructueux. On n'aurait pas à craindre que ses instructions sur la diète, le renouvellement
' On SK borne à un simple aperçu : les délails mèneraient trop loin. Le général peut être assureur pour ceux qui meurent de maladie , non pour ceux qui sont tués.
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de l'air et la propreté, fussent négligées. Il est vrai que la marine anglaise est bien perfectionnée à cet égard; mais qui peut savoir jusqu'où l'on irait, en joignant à tous les motifs actuels le ressort constant d'un intérêt qui ne nuit à aucune vertu, et qui les supplée quand elles manquent.
Je vois bien des difficultés de détail dans Tappllcation du principe. Seraient-elles insurmontables? c'est aux gens du métier à répondre.
Dans le traité que fit le landgrave de Hesse- Cassel, relatif aux troupes qu'il mettait aux gages de l'Angleterre pour servir en Amérique, il avait stipulé que, pour chaque homme non rendu à sa patrie, il lui serait payé trente livres sterling. J'ignore si cette stipulation était d'usage. Qu'elle le fut ou non, rien de mieux imaginé , soit pour rintéret fiscal du souverain préteur, soit pour l'intérêt personnel des individus prêtés. Les déclamateurs, qui trouvèrent cette clause horrible, comme si elle eût donné au prince un intérêt parricide à la mort de ses sujets , se livraient sans examen à l'esprit de parti ; car, si quelque chose pouvait contrebalancer les mauvais effets du contrat, c'était cette condition pécuniaire. Elle donnait à CCS étrangers une espèce de sauvegarde contre la négligence ou l'indifférence des emprunteurs, qui auraient pu les exposer plus volontiers que leurs propres sujets: le prix attaché
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à leur perte était comme une caution du vSoin qu'on prendrait de les conserver.
J'ai ouï dire qu'il y a des pays où les émoluments du colonel croissent à proportion du nombre des non effectifs, c'est-à-dire qu'il reçoit toujours la même paye, quoiqu'il ait moins d'hommes à payer. Si cela est, cet arrangement est précisément le contrepied de celui que je viens de recommander. Le nombre des non effectifs grossissant par la mort, le colonel gagne en argent ce qu'il perd en hommes. Chaque denier qu'on lui laisse acquérir de cette manière est une récompense offerte, sinon pour le meurtre , au moins pour la négligence.
(JSote.) Ces vues de M. Beiitham sont susjeplibles d'une grande diversité d'applications. Je me persuadai que j'en avais découvert une très praticable dans le temps où M. Whitbread avait proposé son bill pour l'établissement des écoles , et je la développai dans une lettre à sir Samuel Romilly ; eu voici l'extrait. On verra que tout y esl fondé sur les principes exposés dans ce cli ipilrc.
« M. Whitbread a bien senti la nécessité d'une surveillance sur les maîtres, — et il propose de la confler aux recteurs et aux juges de paix; mais il n'est pas difficile de prévoir que cette surveillance onéreuse serait très peu efficace. On ne fera rien de bon, à moins qu'on ne parvienne à lier l'intérêt du maître avec sou devoir d'une manière permanente, et qui s'applique à tous les détails. L'unique 2. 12