‹ Théorie des peines et des récompenses; (volume 2)Chapitre 46 sur 110 · RÈGLES · texte numérisé non relu

RÈGLES

moyen pour cela , c'est de faire dépendre la récompense de ses succès, de ne point donner de salaire fixe, de lui allouer une somme pour chaque enfant, mais seulement quand il saura lire, de le payer en un mot comme on paie un manufacturier pour l'ouvrage fait.

» Avec un salaire fixe, le maître n'a plus qu'un intérêt très faible aux progrès des élèves. S'il fait assez bien pour n'être pas renvoyé, c'est tout ce qu'il lui faut.

') S'il n'obtient la récompense qu'après le service, il a un intérêt constant à son prompt accomplissement. Il ne peut se relâcher dans ses efi'orts qu'à ses propres dépens. Il n'y a plus guère besoin d'inspection. Il cherchera de lui-même à exciter l'émulation, à perfectionner les méthodes. Il sera disposé à écouter les conseils et à profiter de l'expérience des antres.

» Avec un salaire fixe, chaque nouvel écolier ajoute à la peine du maître , diminue ses efforts ou le dispose à se plaindre. Avec la méthode que je j)ropo5e , c'est lui qui excitera les parents négligents, c'est lui qui deviendra le ministre de la loi. Au lieu de se plaindre d'avoir trop d'élèves , il ne se plaindra que d'en avoir trop peu. En eût-il trois ou quatre cents , et même autant que M. Lancaster, il trouverait le moyen, comme lui , de suffire à tout, il se servirait des plus forts pour instruire les plus faible? , etc.

» Si un maître est négligent ou incapable , il sera forcé de quitter sa place. Substituez à cela des examens, des jugements, des dépositions, et voyez où cela mène.

« Les moyens d'exécution sont faciles. Il suffit, à deux ou trois époques par année , que le recteur et quelques juges de paix ou autres notables, disposés à concourir à une œuvre si utile, se transportent {)Oiir quelques heures dans l'école. L'examen de chaque écolier ne demande pas une demi-

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minute. Le maître lui-mi-me ne présentera que ceux qui peuvent soutenir l'épreuve ; et à sa récompense en argent se joint le motif de l'honneur, par la publicité du succès.

» Ce qui convient d'allouer par tête est facile à déterminer; on n'a qu'à calculer le prix moyen qu'il en coûte aux parents dans les villages pour chaque enfant à l'école, et qu'à comparer avec le prix moyen de celle de M. Lancaster. 0(1 commencerait par une somme plus forte , qu'on réduirait graduellement. Cette dépense , aujourd'hui si onéreuse pour les campagnes , serait bientôt réduite au quart ou au cinquième.

» M. Whitbread a limité l'enseignement à la lecture ; il a eu ses raisons pour aller par degrés : mais l'expérience a piouvé que les deux enseignements, lecture et écriture, s'aident l'un l'autre. Les enfants commençant à tracer les lettres sur le sable, et ensuite sur l'ardoise, se Aïoiiliarisenl avec les formes et ne les oublient plus : qui ne sait pas écrire sait rarement lire avec facilité , au moins l'écriture de main ; et cette branche de l'art est pour les affaires usuelles aussi importante que l'autre, etc. , etc. »

[8o DROITS CASUELS.

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