‹ Théorie des peines et des récompenses; (volume 3)Chapitre 104 sur 111 · DES MATIÈRES · texte numérisé non relu

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malfaiteurs. — Le malheur est l'état habituel de leur vie. Objection. — Si la mort leur paraît moins dure que des peines longues, telles que les travaux forcés, ils se suicideront.— Rép. Le courage de se donner la mort est tout autre chose que celui de la recevoir. — Réflexion sur le suicide. — Qu'il y a loin de la résolution à l'exécution. — On se prête par degrés aux situations les plus fâcheuses ; comparaison de l'organisation physique où un sens supplée à celui qui manque, et de l'aptitude de l'ûme à remplacer un objet par un autre. 4° La peine de mort n'étant pas rémissible , présente tout le danger des erreurs judiciaires et des imperfections attachées ;\ toutes les preuves, même à la confession libre de l'accusé. — Jeux cruels du hasard pour accumuler les vraisemblances du crime sur un accusé innocent. — Le nombre des témoins rend les témoignages plus douteux quand les passions sont en mouvement. — Que l'habitude dispose les juges à croire trop aisément au crime. — Que la peine de mort offre une sécurité aux faux témoins et aux juges corrompus. — Que dans les révolutions politiques on abuse de la peine de mort plus facilement que de toutes le? autres. — Que si elle était abolie, on n'oserait pas la rétablir dans les affaires d'état.

D" Autre inconvénient de la peine capitale.- — Destruction d'une source de preuves testimoniales.

6° La peine de mort devient plus impopulaire à mesure que la civilisation fait plus de progrès : de là une disposition dans les jurys à des prévarications miséricordieuses.

III. Comparaison de la peine capitale avec celles qu'on peut lui substituer.

Les qualités avantageuses reconnues dans la peine de

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mort ont séparément peu de force. — On peut ôler le pouvoir de nuire par la clôture , témoins les fous furieux. — Exception pour certains cas politiques où un homme est le chef d'une faction. — Et même alors un acte de rigueur peut susciter des vengeurs. — Beau mot d'un Irlandais. — L'exemplarité de la peine capitale, le plus fort argument dans le cas des malfaiteurs abjects. — L'emprisonnement perpétuel et laborieux fait plus d'impression sur eux que la peine de mort. — La prodigalité de cette peine est une grande méprise des législateurs. — Délits pour lesquels on pourrait la conserver in terrorem.

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