‹ Théorie des peines et des récompenses; (volume 3)Chapitre 19 sur 111 · III. — Coininensiirabililé · texte numérisé non relu

III. — Coininensiirabililé

Les peines doivent être commefisurables entre viles. Supposez un homme placé dans une circonstance où il a le choix de plusieurs délits : il peut s'emparer d'une somme d'argent par un simple vol — par un assassinat — par un incendie : la loi doit lui donner un motif pour s'abstenir du plus grand crime : il aura ce motif, s'il peut voir que le plus grand délit lui attirera la plus grande peine. Il faut donc qu'il puisse comparer les peines entre elles, en mesurer les divers degrés.

Si la même peine de mort était prononcée pour ces trois délits, la peine ne serait point commensurable ; elle laisserait au délinquant le choix du crime qui lui paraîtrait le plus facile et le moins dangereux dans l'exécution.

Il y a deux manières de remplir cet objet: i" en ajoutant à une certaine peine une autre quantité de la même espèce : par exemple , à cinq ans de prison poui- tel délit , deux années de plus pour telle aggravation. 2° En ajoutant une peine d'un genre difléicnt : par exemple , à cinq ans de prison pour tel délit, une ignominie publi(jue pour telle aggravation.

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La peine doit être analogue au délit. Elle se gravera plus aisémenl dans la mémoire, elle se présentera plus vivement à l'imagination , si elle a une ressemblance caractéristique avec le délit. Le talion est admirable sous ce rapport : œil pour œil , dent pour de?it, etc. L'intelligence la plus imparfaite est capable de lier ces idées : mais le talion, rarement praticable , est d'ailleurs une peine trop dispendieuse : il faut avoir recours à d'autres moyens d'analogie. Nous donnerons à ce sujet important un chapitre à part.

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