IX. — Tendance à l'iur.endenu'nl moral
Toute peine a un certain eiïet pour intimider ; mais si le délinquant, après l'avoir subie , n'est retenu que par la crainte , ii n'est pas reformé : la réiorme est un cbangement dans le caractère et les babitudes morales.
Une peine a une tendance à réformer le moral quand elle est calculée de manière à affaiblir les motifs séducteurs, et à renforcer les motifs tutélaires.
11 en est qui ont une tendance opposée : elles rendent rbomme vicieux plus vicieux encore. Les ])eines infamantes sont très dangereuses sous ce japport, (juand on les applique à des délits légers et à des fautes de jeunesse. Diligenlius enim 'vivit, CLii aliquld uitegri superest. Nemo dignilati pevditœ pareil. Impnnitatigenus estjam non habere pœfiœ locum ' .
Mais le plus grand danger est celui des prisons: lorsqu'on entasse pêle-mêle de petits tilous et des voleurs de grand chemin, des jeunes gens novices dans le mal et des scélérats endurcis , des jeu-
' Senec, De clern. , cap. xxii.
nés filles coupables de quelque larcin et des femmes perdues. L'oisiveté seule serait une source de corruption : les liaisons qui s'y forment ont toujours des conséquences funestes. De tels établissements sont des écoles publiques de perversité.