X PREFACE
n'a rien publié qui n'eût été écrit deux fois tout au moins, il a prévu que la révision d'un essai d'une date si ancienne le mènerait loin et serait incompatible avec ses occupations actuelles. C'est ainsi qu'il a justifié son refus ; mais il m'autorise à ajouter que les changements n'auraient porté que sur la forme , car sur le fond ses sentiments n'ont point varié : au contraire, le temps et les réflexions n'ont fait que leur donner de nouvelles forces.
Que M. Bentham, trop difficile sur ses productions, ne crût pas celle-ci digne des regards pu])lics , c'est ce qui n'étonnera point ceux qui savent tout ce qu'il exige de lui-même , et les idées qu'il se forme d'un ouvrage achevé.
Vn livre parfait serait celui qui rendrai! imitiles tous ceux qui out été faits sur la même matière , et tous ceux qui pourraient venir après. Par rapport h celte seconde
PRÉFACK. XI
l'ontiision , on ne saurait décider qu'elle est remplie, à moins de prétendre mesurer les forces de l'esprit humain : par rapport à la première, on en peut mieux juger ' par une comparaison avec les ouvrages qui ont précédé.
Cette comparaison est précisément ce qui m'a soutenu contre une juste détiance, ' après que l'auteur m'eut refusé tout secours , et m'eut témoigné ses doutes sur le mérite de son travail. Je me suis mis à relire et à considérer les écrits les plus renommés sur cette matière , et même ceux qui ont eu moins d'éclat; et après cela je n'ai plus hésité.
J'ai été tenté un moment de rassemider tout ce qui est disséminé dans V Esprit des lois sur le sujet des peines et des récompenses. Ce recueil eût été de dix ou douze pages. On aurait pu juger, par ce rappro- «hemeni , si elle est bien fondée cette ex-