‹ Théorie des peines et des récompenses; (volume 3)Chapitre 6 sur 111 · XII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XII PRÉFACE

pression de d'Alemhert , si souvent répétée en France, que Montesquieu a tout dit, qu'il a tout abrégé , parcequHl a tout vu. Au milieu de plusieurs pensées ou trop vagues ou trop peu exactes, et dont quelques unes sont erronées, il y en a certainement de judicieuses et de profondes , comme dans tout ce que nous avons de cet illustre écrivain ; mais qu'il y a loin de là à une théorie des peines ! Au reste , ce n'était point son objet principal ; et rien ne serait plus injuste que de le critiquer pour n'avoir pas fait ce qu'il n'a pas eu intention de faire.

Beccaria fit plus. 11 fut le premier à examiner l'efficacité des peines , d'après leurs elfets sur le cœur humain ; à calculer ia force des motifs qui poussent l'individu au crime, et celle des contre-motifs que la loi rloil l(>nr opposer. Ce genre de mérite analytique Inl inoijis lontefois la cause de son

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çrand succès que le courage avec lequel il attaquait des erreurs accréditées , et cette éloquence d'humanité qui répand un vit" intérêt sur tout son ouvrage. Mais après cela, je ne crains pas de dire qu'il est dépourvu de méthode, qu'il n'est point conduit par un principe général, qu'il ne fait qu'cilleurer les questions les plus importantes, et qu'il évite avec soin les discuL^sions de pratique, où Ton aurait trop vu qu'il était étranger à la science positive de ia jurisprudence. 11 annonce deux objets distincts : les délits ^ les peines; il y ajoute occasionellemenl la procédure , — et ces trois vastes carrières lui fournissent difficilement la matière d'un petit volume.

Après Montesquieu, après Beccaria, on [)cut laisser en paix nrie bi!)liothèquc d'écrits plus ou moins estimables, mais qui n'ont pas un grand caractère d'originalité : non qu'on ne trouve dans plusieurs des

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vues saines et judicieuses , des faits intéressants, de très bonnes critiques sur des lois dont la plupart n'existent plus , et qu'ils ont contribué à faire disparaître : je ne yeux point entrer ici dans ce détail de critique ou d'éloge : il me suffit d'observer que , comme théorie des peines ^ il n'en est aucun qui atteigne le but et qui puisse servir de guide général.

La Théorie des peines n'était qu'esquissée dans les volumes que j'ai publiés. Ce n'était , relativement aux lois criminelles , que la carte générale d'un pays dont on présente ici la topographie.

Cependant , pour éviter les renvois , et pour rendre cet ouvrage-ci complet en luimême, j'ai emprunté du précédent quelques chapitres nécessaires , mais en leur donnant une nouvelle forme, et en y faisant des additions considérables.

Maintenant , au risque d'inspirer aux

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