‹ Théorie des peines et des récompenses; (volume 3)Chapitre 97 sur 111 · I.XCOMMl Nir.\TION · texte numérisé non relu

I.XCOMMl Nir.\TION

1)11 roiîimoncc à les sentir et à les exagérer; on se trouve dans une situation inférieure par comparaison avec ceux qui jouissent de celte liberté; et par degrés, le désir le plus vif peut succéder à la plus grande indifférence.

Ceux qui rapportent l'inclination si commune de transgresser les lois prohibitives à une perversité naturelle du cœur humain , sont des moralistes bien superficiels. Trop indolents pour examiner, au lieu de voir que tous les sentiments moraux s'expliquent par les peines et les plaisirs , ils ne savent considérer Fhomme que comme un composé de contradictions et d'inconséquences. C'est pour eux un être inconcevable , une énigme profonde , un abîme qu'on ne saurait sonder. Pascal , (jui était né pour pénétrer les lois de la nature physique , avait défendu à son génie de reconnaître les principes simples qui gouvernent la nature humaine.

Quant à l'exclusion des sacrements et aux autres peines religieuses, leur imperfection saillante est dans leur extrême inégalité: leur effet pénal dépend de la croyance et de la sensibilité des individus. Le coup qui produit dans les uns les tourments de l'agonie , ne fait que chatouiller l'épiderme des autres. Point de proportion , et rien d'exemplaire. Celui qui souffre de la peine languit en secret, et dévore son àme en silence. 1. 27

4l8 EXCOMMUNICATION.

Celui qui n'en souffre point s'en moque tout haut, et insulte à la loi. C'est une peine qu'on jette en masse , au hasard , sans s'embarrasser si elle s'applique , ou si elle tombe sans effet.

Je ne parle de ces peines que relativement à la vie présente : car qui peut supposer aujourd'hui que l'excommunication puisse entraîner des conséquences funestes dans un période futur ? Quel homme, raisonnantsans préjugé, peut croire que Dieu ait remis un pouvoir si terrible à des êtres si faibles et si imparfaits? que la justice divine s'asservisse à exécuter les décrets de l'aveugle humanité ? qu'elle se laisse commander de punir autrement qu'elle n'aurait puni elle-même ? Une vérité si simple et si évidente n'a pu être méconnue que par un degré d'abrutissement qu'on avait préparé pendant des siècles d'ignorance '.

' Je n'ai pas, à beaucoup près, suivi mon auteur cian> toutes ses observations sur ces peines spirituelles. Il en est plusieurs qui n'auraient pas été comprises, sans entrer dans beaucoup de détails sur la jurisprudence anglaise. D'ailleurs le sujet est d'autant moins intéressant, que ces armes ecclésiastiques se rouillent de plus en plus, par défaut d'usage ; et s'il importe de combattre encore ces lois si généralement condamnées, c'est pour l'aire sentir la nécessité de les abolir formellement.

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