CHAPITRE XIII
La peine capitale se divise en deux espèces , la mort simple el la mort offlictive : j'appelle simple celle qui n'est accompagnée d'aucune peine au delà de ce qui paraît nécessaire pour l'accomplir ; affïiclive, celle qui est accompagnée d'autres peines.
Si nous avions à comparer les divers procédés par lesquels on peut produire la mort simple, ce serait pour découvrir le mode qui peut mériter la préférence, comme plus prompt dans son effet ou plus exemplaire.
Celui qui est usité en Angleterre n'est peut-être pas le meilleur. Dans l'étranglement par suspension, le poids du corps est rarement suffisant pour faire cesser subitement la respiration. Si le patient est laissé à lui-même, on aperçoit pendant quelques instants des agitations convulsives; aussi voit-on souvent les spectateurs, par pure compassion, saisir le mourant par les pieds, et ajouter tout leur poids au sien, pour abréger sa souffrance. L'étranglement par le lacet, tel qu'il est pratiqué en Turquie pour les musulmans * , peut paraître plus rigou-
1 C'est chez eux la peine d'honneur, comme la décapitalion parmi nous.
reux, soit à raison de nos préjugés contre les usages (lu gouvernement despotique, soit parce que l'exécuteur , dans ce genre de mort , a plus de part à l'opération que dans l'autre ; mais il est certain que ce mode est plus prompt. La force est appliquée directement pour couper la respiration , au lieu que, dans la suspension, elle n'agit qu'obliquement : et de plus, la force de deux hommes , qui agissent de concert pour serrer le nœud, est supérieure à celle du poids d'un seul.
Cependant il est connu , par le rapport de plusieurs personnes secourues à temps , que dans l'étranglement par suspension, la faculté de sentir e^t bientôt arrêtée. On croit que le sentiment cesse avant que les con\Tilsions soient terminées, et que la peine est plus grande en apparence qu'en réalité.
Par rapport à la décapitation, il y a des raisons de soupçonner que la sensibilité peut durer au delà de l'opération : elle peut se conserver dans le prolongement de la moelle épinière ou dans le cerveau. On voit du moins quantité d'insectes continuer à se mouvoir après que la tête a été séparée du tronc.