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81 THtORIB DES PROBABlLITtS.
On voit que la table calculée dans Thypothèse d'une population slationnaire donne, pour l'enfance, une mortalité beaucoup plus rapide que l'autre table. Après vingt aos, le désaccord est plus apparent qoe réel ; c'est de quoi Ton pourra s'assurer en jetant les yeux sar une table que nous donnons plus loin et qui établit une comparaison entre les principales tables de mortalité connues. Maïs nous entrerons d'abord dans quelques détails sur ces tables.
Les plus anciennes sont celles de Halley, de Smart, de
Dupré de Sainl-Maur, deKersseboom, de Deparcieux,qui ne sont plus guère en usage; les tables de Wargenlin pour la Suède; les tables allemandes de Sussmilch que Baumann corrigea dans la qnatrii^rne édition de l'ouvrage Die gôttUchc Ordnunfi^ etc., publié en 1775; celles de Muret, publiées en 1776, d'après les décès de quarante-trois paroisses du pays de Vaud ; les tables que Priée donna, en 1785, pour la ville de Northampton ; celles calculées pour la France , en 1806 , par Duvillard , « d'après un assez grand nombre de faits recueillis avant la révolution en divers lleun ; » celles données par Milne, pour la ville de €arlisle, d'après les recensements de 1779 et 1787 ; et celles formées, en 1826, par Finlaison , d'après les registres de diverses tontines inslituéus en Angleterre de 1693 à 1781).
L'auteur de ce ii;iiLé qui, en 182b, avait calculé une lublc de mortalité des deux sexes pour la ville de Bruxelles, donna, en 185*2, des labiés générales pour la Belgique : elles faisaient, pour la première fois , la distinction entre le séjour des villes et celui des campagnes. Ces tables avaient pour éléments les données recueillies dans les registres de l'état civil du royaume^ pendant les trois années antérieures à 1830 ; elles furent vérifiées, en 1819, à Toccasion de la fondation de la caisse générale des pensions de retraite par le gouvernement belge qui les prit pour base de ses tarifs. (Voyez la table B, page précédente*)
Eli 1858, parun iiL les nouvelles tables de mortalité pour la France, calculées par M. île Monferraiid, lesquelles elablissciit une dislinclion pour les sexes et pour les classes plus ou moins privilégiées; la table mentionnée plus loin se r;i|iporte aux hommes et à la France entière^ nous citerons encore les tables de
APPLICATiaN km SCIENCES D*0B8ERVATI0N. SS
M. William Farr, pour TAngleterrc et pour plusieurs des priacipales villes de ce royaume; les tables da doetear Gasper, pour fierlio, et celles de Hûlsse, pour Leipzig.
Des statisticiens ont essayé de faire des tables spéciales pour quelques professions, comme on en avait lait pour les sexes et le séjour des villes et des campagnes : il est certain que la mortalité varie considérablement d'après les travaux plus ou moins pénibles, plus ou moins prûlong(!s, auxquels les hommes sont assujettis. La durée de la vie, comme nous l'avons fait observer déjà, n*est pas la même pour le riche et pour le pauvre, pour l'ouvrier des fabriques et pour ragricuUeur, pour le médecin, le militaire et le rentier. Ces nuances doivent être prises en considération, quand on aspire à une grande exactitude; mais elles appartiennent plutôt à la science qu'à la pratique.
On se rend généralement mieux compte de la fluctuation des nombres au moyen d'une courbe ; nous en placerons ici un exemple pour la Belgique.
Cette courbe indique une mortalité rapide depuis la naissance jusque vers l'âge de cinq ans (les âges se comptent dans le sens horizon Ul el le uonibre des survivants s'estime par les écarts plus ou moins grands de la courbe dans ie suis des verticales). Vers Page de cinq ans, la mortalité se ralentit et décroît as* sezrégulièrementjus- >• que vers treize à quatorze ans; puis, la ligne devient sensiblement droite jusque vers cinquante ans:
ta la sa 40 80 oo to so oo ioo les pertes annuelles sont à peu près uniformes, mais comme elles se font sur une population qui décroît d'année en année, elles deviennent relativement de plus en plus sensibles.
S9 THÉORIB DBS PROBABILITÉS.
Passé eio^aante ns, la mortalité croit rapidement jtt8<iB*aii der* oier terme de la yîe.
En résumé , le danger de mourir dans Fannée déeroSt depuis la naissance jusqu'à Tâge de treiie à qoatorxe ans , très-rapidement d'abord ; puis, d'une manière à peu près Insensièle : après le minimum, le danger de mourir augmente progressivement jusqu'à la (in de la vie, mais surtout après cinquante ans.
Les tables de morlaiilé des différents pays s'accordent à donner des résii!la!55 analogues ; seulement quand on calcule le danger annuel de mourir, toutes les tables ne donnent pas la même continuité dans les norobreSi parée que les auteurs n'ont pas également pris soin de faire les corrections qu'indique It science^ et particulièrement au siyet de la mortalité des âges qui peuvent s^exprimer en nombres ronds, comme nous TaTons fait remarquer déjà.
APPLICATION AUX SCIEiNCES D'oBSEUVAîION,
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