Thèoeème III. — - Si les deux séries
( I ) /7o -{- «J, j: + (72 «^2 -i- . . , -f- a^x" + . . . ) (2) ^oH-^i^+ <^2.^' +...H- ^„^"-f-
sont égales le long d''un certain contour^ si petit que Von voudra du reste, elles sont encore égales pourx===o^ et^ par conséquent^ on aura en général a^^^^h^.
En effet, ces deux séries représentent deux fonctions synecliques à l'intérieur de leur cercle de convergence: or deux fonctions synecliques égales dans une portion finie quelconque du plan sont constamment égales (34); donc l'égalité des deux séries a encore lieu pour xz=io. Cela posé, si on les différentie ii fois toutes deux par la règle indiquée (73), et si l'on fait ensuite .x =: o, on trouve
i . 2 . 3 . . . /2<7„ rrr I , 2 . 3 . . . nhn
OU
<7„rr: ^„. c. Q. F. D.
79. Théorème IV. — Une fonction synectique ne peut pas être développée de deux manières en série ordonnée suivant les puissances entières et positives de sa variable.
D'abord, en vertu du théorème précédent, à Fintérieur d'un même contour on ne peut avoir qu'un seul développement possible -, si l'on en trouvait deux, on pourrait égaler les coefficients des mêmes puissances de x^ ce qui fournit souvent des relations remarquables et même un procédé de démonstration fréquemment usité. Concevons alors que l'on ait trouvé deux développements différents, mais à l'intérieur de contours différents (A) et (B). Pour une fonction quelconque la chose est possible, mais pour
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une fonction restant synectique dans l'intervalle qui sépare les deux contours, elle ne l'est pas : en effet, soit (A) le contour contenant les points les plus éloignés de Forigine, à l'intérieur de ce contour la fonction et son développement sont synectiques^ si donc il y a égalité et si la fonction ne cesse pas d'être synectique dans l'intervalle qui sépare les contours (A) et (B), cette égalité subsistera encore à l'intérieur du contour (B)^ donc les deux développements de la fonction sont égaux à l'intérieur du contour (B), c'est-à-dire qu'ils se confondent en un seul.
80. CoROLLAinE I. — Des considérations précédentes il résulte quCj pour quune fonction soit développahle en série convergente ordonnée suivant les puissances croissantes entières et positives de sa variable, il faut qu'elle soit synectique; mais remarquons bien une chose ^ cest qu'il ne faut pas absolument quelle soit synectique à V intérieur d'un cercle décrit de l'origine comme centre.
CouoLLAiRE IL — Pour qu'une fonction monodrome et monogène soit développable en série ordonnée suivant les puissances entières et positives de sa variable^ il faut qu^elle soit finie ^ c'est-à-dire synectique à V intérieur d^un cercle décrit de l'origine comme centre-^ au delà d'un cercle ayant son centre à V origine et passant par l'infini le plus rapproché de r origine j> elle ne sera évidemment plus développable^ car son développement cesserait d'être convergent sur la circonférence de ce cercle^ et par conséquent au delà; enfin, au delà^ il ne pourra pas exister un second développement, diaprés ce que nous avons vu,
81. Théorème V. — La fonction est développable en série ordonnée suivant les puissances croissantes de X, à l'intérieur d'un cercle décrit de ^ origine comme centre avec un rayon égal au module de z.
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( ii5) En effet, on à identiquement
mais si x est intérieur au cercle en question, '— a pour limite o quand n tend vers oo \ donc, dans ce cas, \ \ X x"
82. Théorème VI. — Si la fonction f[x) est synectique à r intérieur d'un cercle C décrit de V origine comme centre ^ elle est développahle en série ordonnée suivant les puissances entières et positives de œ pour tous les points intérieurs à ce cercle.
En effet on a, en supposant le point x intérieur au cercle C,
mais comme la fonction jf{-z) ne devient pas infinie à l'intérieur du cercle C, on peut sans inconvénient prendre le résidu à Fintérieur de ce cercle 3 alors le module de x sera moindre que celui de z ; on pourra donc développer
la quantité sous le signe X en série, et, en appliquant
le théorème (73), il vient
c'est-à-dire /(.r) =/(o) + .r/'(o) + -fL/"(o) +...+ -£-f(o) + ....
Tel est le développement dG^f(x) : on reconnaît la for-
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( "6) mule de Mac-Lauriii, abstraction faite de la forme gêiiaule du reste.
Le beau théorème que nous veuous de démontrer est dû à Cauchy : ce n'est pas le fleuron le moins brillant de la glorieuse couronne scientifique de ce grand géomètre.
Corollaire L - — D'après ce que nous avons vu, le développement que nous venons de trouver est le seul de cette forme ^ par conséquent, toutes les fois que la série de Mac-Laurin sera divergente au point x, la fonction /'(x) ne sera plus synectique tV l'intérieur d'un cercle décrit de l'origine avec ox comme rayon.
83. Corollaire IL — De la formule de Mac-Laurin on conclut celle de Taylor en cbangeant f{x) en f(oc-hh) ; on peut donc dire que si la foxicûon f[z) reste synectique à l'intérieur d'un cercle décrit du point x comme centre avec un rayon R, elle sera développable en série par la formule suivante dite de Taylor :
fi.v + h]=fi.v) + ^ /'(..) + -^/"(x) +. . .
pour toutes les valeurs de Ii dont le module est moindre que R.
84, Thé03iè:me ^^IL — Les formules de Taylor et de Mac- Laurin subsistent encore pour les fonctions de plusieurs variables.
En effet, considérons la fonction /"(Xi, Xg, ^s?-»») synectique à l'intérieur des cercles Ci , Câ, . . . décrits de l'origine comme centre 5 la fonction de t^
sera synectique à l'intérieur d'un cercle décrit de l'ori-
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( "7) gine avec un rayon plus grand que i , toutes les fois que Xi, X25. . . seront respectivement contenus dans les cercles Cip C25 ... 5 et l'on aura symboliquement
n =zzo
Les puissances de D devant être remplacées par des indices de différentialion, et les différentiations effectuées, on devra faire x^t = 0^ Xgî = o, . . . ^ si Ton fait alors i= I5 on a la formule de Mac-Laurin,
Wr=QO
^MW I . 2 . * . 72
démontrée pour toutes les valeurs de Xj, 0^25- • -5 înlérieures respectivement aux cercles C^, Cg,."» La formule de Taylor s'en déduit aisément.
Application des formules précédentes »
85. Si l'on considère les fonctions e"*, sino:, cosx, ces fonctions restent synectiques dans toute Félendue du plan : on peut donc leur appliquer pour tous les points du plan la formule de Mac-Laurin, et Ton obtient
Sin.27 :
Les fonctions /(i-hx), (i + o:)'" sont synectiques à Fintérieur de cercles ayant pour rayon l'unité et pour
(1.8) centre l'origine : elles sont donc, à rintérieur de ces cercles, développables par la formule de Mac-Laurin qui donne
lil-hx) =:X -f--- — ... .,
m (m — I ) mini — i ) (m — 2) ^
Ix n'est pas synectique autour de Forigine, c'est pour cela que l'on n^ doit pas espérer pouvoir lui appliquer la formule de Mac-Laurin.
La grande difficulté pour l'application de la formule de Mac-Laurin consiste dans la formation des dérivées successives de la fonction que l'on veut développer : celle formation est souvent difficile. Nous verrons plus loin comment on peut former celles de la tangente, de la cotangente, de la sécante et de la cosécante.
86. Il y a un cas dans lequel le calcul des divers coefficients de la formule de MacrLaurin devient facile, c'est celui où la fonction satisfait à une équation différentielle dont les deux membres sont entiers par rapport à la fonction, ses dérivées et la variable.
Considérons en premier lieu la fonction arc tanga: : elle est synectique à l'intérieur d'un cercle de rayon i, décrit de l'origine comme centre*, on peut dans cet intervalle lui appliquer la formule de Mac-Laurin, et l'on a, en posant
j z=: arc tang ^,
d'où l'on tire
différentions ri fois les deux niembres en appliquant la
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( ^'9) formule connue d'Euler sur la différen dation d'un produit, il vient
D"+'j(l -{- .r2) -{- 2/Z.2;D"j -4- 1 ^^^^"~^^ D"-'j i=:i ; puis faisons x = o, on a
^x-^oX H- 2 -^ ^' Dx=:o/ — O,
et par conséquent
/ X Pg-- :r O J Dx - O r n — I
Or, on a
Dx-3:o/ — I, Bi^o J = o;
donc, en faisant dans la formule (i) successivement n = i\ 2, 3,...,