‹ Théorie du Code pénal (volume 4)Chapitre 20 sur 221 · DES PEINES EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DES PEINES EN GÉNÉRAL

yeux du public et des juges des peines infamantes? A la vérité , il y a divers degrés dans 1 infamie. Mats ces degrés ne sont susceptibles d'aucune appréciation rigoureuse ; ils varient suivant les idées que chacun se fait de la moralité des personnes ou de la nature des devoirs sociaux , suivant des senti mens moraux qui ne se laissent point gouverner au gré de la loi positive. « Toutes les peines, a dit M. Charles Comte , quand elles ne privent pas de la vie, sont afllictives et correctionnelles, et tontes les actions qui méritent châtiment sont plus ou moins infamantes [t}. »

Remarquons, au reste, qne cette distinction entre les peines a un effet bizarre , c'est de faire rejeter l'infamie sur la forme do jugement, sur l'application de la pénalité, et non sur Faction elle-même; c'est de la faire dépendre , non du fait intrinsèque du crime , mais du fait extérieur de la peine. Cependant la honte est dans le délit; elle ne peut être ailleurs. Le législateur ne peut s'en rendre dispensateur officiel.

Enfin , la peine infamante perpétuelle de sa nature, brise violemment tous les liens qui nnissaient le condamné à la société ; elle le séparede cette société par une barrière insurmontable. Quel espoir peut nourrir encore celai qui a été exposé sur la place publique , au mépris et à la dérision de ses concitoyens? L'un des résultats les plus funestes , est de détruire dans le condamné toute espérance de réfonnation. « L'infamie , a dit Benlham , quand elle est portée à un haut dégré, loin de servir a la correction de l'individu, le force, pour ainsi dire , à persévérer dans la carrière iu crime. C'est nn effet presqne naturel de la manière dont il est envisagé par la société. Sa réputation est perdue; Une trouve plus de confiance ni de bienveillance; il n'a rien à espérer des hommes, et par conséquent rien à en craindre : son état ne saurait empirer. S'il ne

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