Môme arrêt
as THÉOKiE DU CODE l'ÉNAL, ART. 321.
sion se l'onde sur une saine intelligence du cœur humain. Supposons, d'abord, que les violences aient été exercées sur le père, sur le fils, sur la femme de Tagent ; l'injure seraitelle moins grave que si lui-même en avait été Tobjet? N'estce pas le cas de répéter cette maxime : Injuria uni facta^ alteri facta censetiir ? Sera-t-il plus maître de ses sens, son ressentiment n'éclatera-t-il pas au môme degré? Les docteurs à cet égard n'avaient conçu aucun doute ; ils étendaient l'excuse à tous les faits provoqués par une attaque envers un parent, un ami, un voisin * ; il leur semblait que, dans ce cas, Tauteur de Fliomicide ou des blessures n'avait fait que céder à un sentiment irrésistible et presque à un devoir. Nous n'hésitons point à adopter cette opinion. Souvent l'outrage exercé envers une personne que nous affectionnons nous est plus sensible que s'il était dirigé contre nous : nous pouvons trouver en nous-mêmes la force de dédaigner une insulte ; nous croirions commettre une lâcheté en laissant insulter l'être qui nous est cher ; son danger nous semble réel ; le venger, c'est à nos yeux voler à sa défense.
1433. La solution doit-elle se modifier lorsque l'agent, témoin des violences exercées envers un tiers qui lui est inconnu, s'est révolté de ces mauvais traitements, et, dans l'élan de son indignation, a blessé ou tué leur auteur? La décision des docteurs était la même : ils regardaient que les actes qui avaient eu pour biit de défendre un homme injustement opprimé, quel que fût cet homme, étaient avoués par l'humanité et ne pouvaient constituer des crimes : Cuivis homini jura permittunt de fendere ac citra crimen omne protegere confratrem suum, etiam ignotissimum , ab altero graviter oppressum^. Le Digeste en donnait pour raison que la nature a établi entre les hommes une sorte de parenté, cù?n inter nos cognationem quamdam natura constituerit^.
i. Farinacius, qutcst. 125, num. 289 et seq., Damhouderius, cap 80, num. 1 et seq. ; Bariole, in I. 3 au Dig. de justitiâ et jure.
2. Damhouderius, Praxis crim., cap. 80, n. 1 ,* Farinacius, qua'st. l2Îî, n. 287.