PRÉAMBULE. ART. IV. - BASES DE LA RÉPUBLIQUE
314. L’homme ne crée rien. Ses facultés ont toujours besoin, pour s’exercer, de matières premières, et presque toujours d'instruments; peu importe, d’ailleurs, que les matières premières méritent ce nom d’une manière absolue, parce qu elles sont dans l’état où la nature les offre; ou d’une manière relative, par opposition à un travail ultérieur; cas auquel elles sont, comme les instruments, des matières premières combinées avec du travail. Les matières premières et les instruments forment le capital, sans lequel le travail ne peut produire aucune augmentation de valeur. Or, comment déterminer le possesseur d’un capital, qui en a besoin pour assurer sa subsistance actuelle et future , et qui a droit de le garder dans ce but, ainsi que je l’ai déjà démontré; comment, dis-je, le déterminer à s’en dessaisir et à compromettre sa sécurité, si on lui interdit toute participation à la valeur additionnelle que produira le travail ?
345. En résumé, nul ne s’expose à une fatigue, s’il n’en doit point retirer d’indemnité; nul ne consent a courir les risques d’une opération , s’il ne doit point recueillir une portion des bénéfices.
Donc chacun a le droit de disposer du surcroît de valeur qu’il a donné, en travaillant, à son capital. Donc aussi, lors que l’un travaille et que l’autre engage son capital, le surcroît de valeur appartient exclusivement à tous deux.
Faute du droit de s’approprier les produits du travail agissant et du travail accumulé ou capital , les bras et les capitaux resteraient oisifs. Le capitaliste qui voudrait absorber tous les profits d’une opération industrielle, ne trouverait point de travailleur pour l’aider ; le travailleur qui à son tour voudrait absorber les profits, ne trouverait point de capitaliste qui consentît à le charger de faire fructifier son capital.
346. J’ai dit que l’origine de toute propriété se rattache au travail, attendu que le capital n’est lui-méme qu’une accumulation de produits. Cette vérité est palpable pour la plupart des objets mobiliers et pour les maisons. Elle est moins évidente à l’égard des fonds de terre. 11 semble qu’aux yeux de beaucoup de personnes, il suffise de poser le pied sur le sol pour le mettre en rapport. C’est pour cela